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La Libye, l’impérialisme et la prosternation des intellectuels de « gauche » :

Le cas du professeur Juan Cole

Par David North
16 avril 2011

Parmi les traits les plus marquants de l’attaque Etats-Unis/OTAN contre la Libye figure le soutien que cette « guerre choisie » a suscité au sein des partis de la gauche libérale et du riche milieu de la classe moyenne qui constitue une part importante de leur base sociale. En agitant la bannière des « droits de l’homme » – la justification la plus hypocrite et la plus trompeuse de toutes pour une guerre impérialiste – la gauche libérale a adopté cette guerre et en a fait la sienne. On pourrait penser que c’est la première fois de l’histoire où l’impérialisme a choisi la cause des « droits humains » et de la démocratie pour servir de couverture à ses intérêts prédateurs !

Les justifications libérales de gauche pour le bombardement de la Libye par les Etats-Unis et l’OTAN regorgent d’indignation morale à l’encontre du colonel Kadhafi tout en ne fournissant pratiquement rien qui aille dans le sens d’une analyse des motifs et des intérêts des forces, libyennes ou internationales, qui tentent de le renverser. Les apologètes de cette guerre argumentent et écrivent comme s’ils faisaient partie d’une société d’amnésiques. L’histoire n’existe pas. Ils n’ont aucun souvenir de tout ce qui s’est passé dans l’histoire.

Le bilan moralement dégradant et génocidaire de l’impérialisme colonial est ignoré. Aucune mention n’est faite dans ces écrits de l’extermination par le colonialisme italien de près de la moitié de la population libyenne durant son occupation du pays entre 1911 et 1940. Ils ne font pas mention non plus de ce que la dernière action militaire franco-anglaise majeure en date en Afrique du Nord, en octobre-novembre 1956, a été une invasion de l’Egypte. Cette action, perpétrée avec la complicité d’Israël, avait visé à renverser le régime nationaliste d’un autre colonel arabe, Gamal Abdel Nasser, dans le but de reprendre le contrôle du canal de Suez nationalisé. Nasser était publiquement calomnié dans la presse britannique comme le « chien fou » et le premier ministre britannique Anthony Eden avait manigancé son assassinat. L’invasion franco-anglaise avait échoué parce que les Etats-Unis, qui avaient leurs propres projets dans la région, n’avaient pas toléré la tentative des impérialistes européens de restaurer leurs empires coloniaux. Le président Eisenhower força Français, Britanniques et Israéliens à une humiliante retraite.

Ceux qui ont salué l’attaque contre la Libye comme un triomphe de la cause des droits de l’homme ne semblent pas se souvenir du tout du rôle monstrueux joué par les Etats-Unis en attaquant et en subvertissant les pays qui, d’une manière ou d’une autre, avaient interféré avec leurs intérêts stratégiques politiques et économiques. Ce n’est pas seulement le passé qui est oublié (le Vietnam, la guerre féroce des « Contras » au Nicaragua, la fomentation de guerres civiles en Angola et au Mozambique, le renversement et le meurtre de Lumumba au Congo, le soutien de longue durée apporté au régime de l’Apartheid en Afrique du Sud, l’invasion de l’Irak) ; le présent est presque entièrement ignoré. La « gauche » belliciste assigne aux Etats-Unis la tâche d’évincer Kadhafi pour avoir tiré sur son peuple alors même que leurs drones prédateurs font pleuvoir des missiles sur l’Afghanistan et le Pakistan, tuant des gens tous les jours.

Un exemple significatif de la réaction des intellectuels de la gauche libérale à la guerre est la déclaration affichée le 27 mars par le professeur Juan Cole de l’Université sur son blog largement suivi « Informed Comment » (http://www.juancole.com) et reproduit par le magazine Nation. Sous le titre « Une lettre ouverte à la gauche, » le professeur Cole, un historien bien connu spécialiste du Moyen Orient, défend farouchement son soutien pour l’attaque contre la Libye.

« J’aimerais exhorter la gauche à apprendre à mâcher du chewing-gum tout en marchant, » a-t-il écrit de façon sarcastique. Le problème de la gauche, argumente Cole, est qu’elle ne sait pas comment adapter ses principes anti-guerre traditionnels aux circonstances actuelles. Il affirme que la gauche devrait déterminer son choix pour les guerres lancées par les Etats-Unis « au cas par cas… » Elle « devrait éviter de faire de ‘l’intervention étrangère’ un sujet absolument tabou, à l’exemple de la droite qui fait de l’avortement un sujet absolument tabou, et ce faisant nous rend insensibles (des positions d’a priori entraînent souvent l’insensibilité). » En d’autres termes, Cole préconise une adaptation pragmatique à l’impérialisme. « Placer sans discernement ‘l’anti-impérialisme’ au-dessus de toutes les autres valeurs, » écrit-il, « mène à des positions tout à fait absurdes. »

Un degré significatif de confusion intellectuelle, sinon de malhonnêteté, est révélé par cette remarque. « L’anti-impérialisme » n’est pas une « valeur » qu’on doit faire disparaitre de façon pragmatique et remplacer par d’autres valeurs – mais une position politique théoriquement fondée dans une analyse de la structure objective économique, sociale et politique du capitalisme mondial. Cole tente d’éluder une telle analyse qui exposerait les intérêts essentiels de l’élite capitaliste dirigeante sous-tendant l’attaque contre la Libye.

Ainsi, la justification de Cole pour une guerre consiste exclusivement en une dénonciation de l’actuel régime libyen, se concentrant sur les crimes, actuels et attendus, de celui-ci. « J’applaudis sans complexe le mouvement de libération et suis content que l’intervention autorisée par l’UNSC [Conseil de sécurité de l’ONU] les ait sauvé de l’écrasement. » Il affirme que sans intervention, « Kadhafi se serait affermi dans son poste, le mouvement de libération aurait été broyé comme un insecte et le pays serait retombé sous la coupe de la police secrète. »  

Le professeur Cole ne fournit aucune analyse sérieuse de la composition du « mouvement de libération, » et dénigre toute référence à l’implication d’Al Qaïda dans le mouvement de protestation comme étant « sans fondement. » Aucune personne familière avec l’histoire récente de la Libye, sans parler des conflits en cours en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, ne partageraient l’avis du professeur Cole à ce sujet. Les activités d’Al Qaïda au Maghreb islamique, en Algérie et en Libye, jouent un rôle significatif dans la politique de la région. Le Groupe combattant islamique libyen (LIFG), qui est considéré être une branche d’Al Qaïda, avait sérieusement défié le régime Kadhafi dans les années 1990. L’impact déstabilisateur de ce défi avait été un élément majeur dans la décision du régime Kadhafi d’abandonner sa rhétorique anti-impérialiste traditionnelle et de rechercher un arrangement avec l’Europe et les Etats-Unis. Selon des rapports, ne datant que de 2007, le gouvernement libyen s’attendait à devoir affronter des attaques terroristes. 

La question de l’implication d’Al Qaïda dans l’opposition libyenne, dans le contexte de la « guerre contre le terrorisme » dirigée par les Etats-Unis, est une question très importante – compte tenu notamment des raisons qui sous-tendent l’intervention des Etats-Unis et de l’OTAN. Il est bien connu que les forces qui étaient actives dans la lutte du LIFG contre Kadhafi durant les années 1990 et qui avaient réussi à s’échapper de la Libye après la répression de la rébellion « avaient commencé à coopérer plus étroitement avec des réseaux transnationaux à l’extérieur de la Libye. Ainsi, tous les chefs militaires d’Al Qaïda en Afghanistan, dont les noms sont à présent connus, sont des Libyens. Entre-temps, il semble même exister en Libye, un potentiel substantiel de recrutement d’Islamistes militants. » [« Between the ‘Near’ and the ‘Far’ Enemy: Al-Qaeda in the Islamic Maghreb,» par Guido Steinberg et Isabelle Werenfels, Mediterranean Politics, 12: 3, 407-413; traduit de l’anglais]

Selon cette même source, les agences de sécurité européennes « considèrent qu’au Maghreb islamique Al Qaïda est la menace terroriste la plus sérieuse pour les pays occidentaux européens, notamment la France et l’Espagne où l’organisation dispose d’une considérable superstructure logistique. » [ibid] Pourquoi, alors, les Etats-Unis et l’OTAN collaborent-ils avec ces forces?

Le professeur Cole est certainement au courant de ces faits mais préfère les ignorer. Toutefois, l’alliance de fait entre les Etats-Unis et Al Qaïda dans la lutte contre Kadhafi non seulement révèle l’hypocrisie de la « guerre contre le terrorisme », elle exige encore un examen approfondi des raisons de l’attaque contre la Libye.

Le professeur Cole est prompt à rejeter les suggestions selon lesquelles l’intervention des Etats-Unis et de l’OTAN pourrait être inspirée par autre chose que des motifs purement humanitaires. Il est tout particulièrement irrité par l’idée que les Etats-Unis et l’OTAN sont en train de comploter pour renverser Kadhafi « non pas pour protéger son peuple contre lui, mais pour ouvrir la voie à la domination de la Libye par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Cet argument est bizarre. »

Cole insiste pour dire que le pétrole ne joue absolument aucun rôle dans les calculs américains et européens. Mais ce n’est pas tout. Ce professeur déclare : « Il n’y a pas de prévision selon laquelle il serait permis aux compagnies occidentales de posséder des champs pétroliers libyens qui ont été nationalisés depuis longtemps. » L’on se demande d’où le professeur Cole tient ses certitudes.

Le professeur Cole poursuit en disant: « Finalement, ce n’est pas toujours dans l’intérêt des compagnies pétrolières d’avoir plus de pétrole sur le marché, vu que ceci en réduit le prix et donc les bénéfices des entreprises. Une guerre contre la Libye dans le but d’obtenir des contrats meilleurs et plus nombreux et une baisse du prix mondial du pétrole n’a pas de sens dans un monde où les offres sont déjà facilement accessibles et où les prix élevés engendrent des bénéfices record. Je ne peux vraiment pas trouver le moindre sens à cet argument d’une guerre faite à la Libye pour le pétrole. »

Le professeur Cole n’argumente pas seulement, estimons-nous, contre la critique « marxiste vulgaire » qui insiste pour dire qu’il y a un lien entre le militarisme impérialiste et les intérêts économiques des entreprises transnationales. Comme le montre un examen de ses propres écrits passés, il argumente aussi contre lui-même.

Dans un « informed Comment » blog daté du 6 août 2006, lorsqu’il avait rejeté la « destruction générale de l’ensemble du Liban par Israël et le Pentagone américain, » le professeur Cole avait présenté une analyse très convaincante et, comme les événements l’ont montré, clairvoyante des relations existant entre le pétrole du Moyen Orient et les opérations militaires des Etats-Unis. Il avait expliqué les événements survenus au Liban comme partie intégrante d’une stratégie générale à long terme des Etats-Unis en vue d’acquérir le contrôle des principales sources de pétrole et de gaz naturel. Les Etats-Unis, avait expliqué Cole, étaient déterminés à atteindre cet objectif non seulement parce qu’ils ont besoin de pétrole et de gaz naturel. Les Etats-Unis voulaient restreindre l’accès à ces ressources de concurrents potentiels tels la Chine et l’Inde.

Cole avait précisément répondu à l’affirmation selon laquelle les opérations normales du marché réduisaient le besoin de contrôler physiquement les ressources pétrolières. « Je devrais souligner que la ‘fongibilité’ (échange facile) du pétrole est moins importante dans le nouvel environnement qu’elle ne l’avait été jadis. Les entreprises pétrolières américaines aimeraient récupérer les champs pétroliers du Moyen Orient étant donné que des profits substantiels sont réalisables si on décide soi-même du moment d’extraction… Dans notre nouvel environnement, le pétrole devient une marchandise pour le contrôle de laquelle il vaut la peine de mener un combat. » [italiques ajoutées]

Le professeur Cole avertissait de ce que la lutte pour gagner le contrôle des ressources pétrolières était un facteur majeur des préparatifs de guerre américains contre l’Iran. « Dans le pire cas de figure, » prévenait-il, « Washington aimerait garder l’option d’une action militaire contre l’Iran de façon à pouvoir gagner l’accès à ses ressources et l’interdire à ses rivaux. »

En associant les opérations israéliennes au Liban, soutenues par les Etats-Unis, à des conceptions géostratégiques plus générales, Cole a fourni ce résumé perspicace des projets à longs termes des Etats-Unis :

« Il se peut que les faucons pensent ainsi: Détruisez le Liban et détruisez le Hezbollah, et vous réduisez la profondeur stratégique de l’Iran. Détruisez le programme nucléaire iranien et vous le laissez impuissant et vulnérable contre ce que les Israéliens ont fait au Liban. Vous le laissez vulnérable à un changement de régime, et à un retour forcé de l’Iran dans la sphère d’influence des Etats-Unis, refusant l’accès à la Chine et garantissant ses 500 billions de mètres cubes de gaz naturel aux compagnies américaines. Une fois Saddam et Khamenei partis, vous réorientez aussi politiquement vers les Etats-Unis l’ensemble du Golfe. Voilà, vous évitez le problème du pic pétrolier aux Etats-Unis jusqu’à ce qu’une solution technologique soit trouvée et vous évitez une situation dans laquelle la Chine et l’Inde disposent d’un accès préférentiel à l’Iran et au Golfe.

« Le deuxième siècle américain commence. Le ‘Nouveau Moyen Orient’ signifie le ‘Moyen Orient américain’

« Et tout débute avec la destruction du Liban.

« Davantage de guerres à venir, parce que dans ce cas de figure, un coup contre le Liban c’est comme cogner sur le garde du corps d’un politicien. Vous ne tuez pas un garde du corps pour seulement tuer le garde du corps. C’est le premier stade d’une opération plus vaste. »

Sans expliquer pourquoi, il semblerait que le professeur Cole a rejeté sa propre analyse. Mais, bien que le professeur Cole ait changé d’avis, ses écrits de 2006 sont une réfutation efficace de son actuelle position pro-guerre.

Si Cole procédait comme un historien, il attirerait l’attention de ses lecteurs sur le fait que les hostilités entre la Libye et les Etats-Unis remontent à la décision de Kadhafi de considérablement augmenter le prix du pétrole, peu de temps après avoir dirigé le coup d’Etat de septembre 1969 qui avait renversé le régime du roi Idris appuyé par les Etats-Unis. Jusqu’à l’arrivée au pouvoir du régime radical nationaliste de Kadhafi, la fixation des prix de l’OPEP était effectivement contrôlée par les Etats-Unis par le biais de leurs fantoches saoudiens. L’action menée par le nouveau régime de Kadhafi a signifié que les prix du pétrole avaient échappé au contrôle américain et allaient être influencés par les calculs politiques des nationalistes radicaux. 

L’un des premiers à reconnaître le danger posé par ces nouveaux rapports de forces avait été l’homme de la CIA, le docteur Henry Kissinger, le conseiller pour la sécurité nationale (et plus tard secrétaire d’Etat) du gouvernement Nixon. Comme le rappelle Kissinger dans ses mémoires, Kadhafi était un « radical avoué » qui « était déterminé à éradiquer l’influence occidentale. Il ne se souciait pas si, ce faisant, il affaiblissait l’économie mondiale. » [Years of Upheaval (Boston: 1982), p. 859 ; traduit de l’anglais] Kissinger passa immédiatement à l’action. « Lors d’une réunion du 24 novembre 1969, » se rappelle-t-il, « J’ai soulevé la question de savoir si le comité des 40 [responsables des opérations clandestines] devait examiner la possibilité de mener des opération secrètes. » [ibid. pages 859-86] Au grand dam de Kissinger, il ne lui fut pas possible à l’époque d’obtenir une autorisation. Une décennie plus tard, toutefois, le gouvernement Reagan, prenant pour prétexte un incident terroriste à Berlin, ordonna l’attaque de Tripoli lors duquel Kadhafi lui-même fut pris pour cible.

Cole passe l’histoire de ces dernières 40 années sous silence. Il ne dit rien du rôle crucial que le pétrole libyen a joué dans les calculs stratégique de l’Europe et des Etats-Unis, bien que ceci ait fait l’objet d’analyses approfondies dans les magazines scientifiques consacrés à la géopolitique contemporaine. Il ne mentionne ni n’explique pourquoi, Kadhafi le « chien enragé » avait été honoré par l’Union européenne à Bruxelles en 2004, à Paris en 2007 et à Rome en 2009. Ni d’ailleurs pourquoi le fils de Kadhafi, Moatassem Billah al-Kadhafi avait été accueilli en 2009 au Département d’Etat par Hillary Clinton

Une explication a été donnée par le professeur Derek Lutterbeck et par le professeur Georgij Engelbrecht, des spécialistes en géopolitique de l’Afrique du Nord. En novembre 2009, ils écrivaient qu’ils avaient noté que la Libye « se situait à présent à l’interface des intérêts énergétiques occidentaux et russes… » Dans une analyse confirmant les arguments mis en avant par Cole en 2006, ils attirent l’attention sur les préoccupations des Occidentaux face aux intentions de la Libye en ce qui concerne les efforts entrepris par la Russie d’accéder à ses vastes réserves de pétrole et de gaz naturel. [« The West and Russia in the Mediterranean: Towards a Renewed Rivalry, » Mediterranean Politics, 14: 3, pages 385-406; traduit de l’anglais]

Les Etats ont la mémoire longue et agissent à très long terme. Pour les Etats-Unis et l’Europe, les troubles qui ont éclaté en Libye en février offrent la possibilité de se débarrasser d’un personnage agaçant politiquement et économiquement et qui avait miné leur contrôle du marché pétrolier mondial au cours de ces 40 dernières années. Sous le couvert des mouvements populaires pour la démocratie et la transformation sociale de la Tunisie et de l’Egypte voisins, les Etats-Unis et l’Europe ont décidé de renverser Kadhafi. Malgré le fait que Kadhafi a cherché au cours de ces dix dernières années a obtenir les faveurs des puissances impérialistes en nouant d’étroites relations économiques et sécuritaires, Washington, Londres et Paris ont décidé de le remplacer à Tripoli par un véritable régime fantoche de type colonial en retournant 42 ans en arrière. Ainsi, quels que soient les objectifs des vagues de protestations populaires initiales à Benghazi, le mouvement a été rapidement ramené sous l’aile des puissances impérialistes. Leurs agents ont cherché à inciter des confrontations de type militaire avec le régime et qui fourniraient le prétexte de « droits humains » pour l’intervention des Etats-Unis et de l’OTAN. Voici un scénario qui a été utilisé avec succès maintes fois par l’impérialisme dans le passé.

En oubliant l’histoire, en répudiant ces écrits d’hier et en ignorant les questions géostratégiques et les questions de classe, les écrits du professeur Cole donnent l’impression d’un homme qui a totalement perdu ses repères. Dans un billet affiché postérieurement, le 30 mars, il écrit : « Si l’OTAN a besoin de moi, je suis prêt. »

C’est une honte que le professeur Cole, un scientifique éminent, ne puisse envisager une cause plus digne à laquelle consacrer sa vie.

(Article original paru le 1er avril 2011)