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Le SEP au Sri Lanka tient un meeting électoral à Kegalla

Par Nos reporters
14 août 2012

Le Socialist Equality Party (SEP, Parti de l'égalité socialiste)et L'International Students for Social Equality (ISSE, son organe des jeunesses) du Sri Lanka ont tenu une réunion publique qui a été un succès dans le centre ville de Kegalla dimanche dernier. C'était la première d'une série de réunions du SEP en préparation des élections du conseil provincial de Sabaragamuwa qui se tiendront le 8 septembre. Y ont assisté des travailleurs des banques, de la poste, de l'administration publique et du secteur privé, des jeunes et des étudiants.

Des équipes du SEP-ISSE ont fait campagne pour cette réunion, parmi différentes sections de la classe ouvrière, dont des travailleurs des plantations de caoutchouc et des mineurs de graphite de Bogala de langue tamoule, ainsi que des fermiers, des femmes au foyer et des jeunes au chômage. Des milliers de tracts présentant le programme électoral du parti et des articles du World Socialist Web Site ont été distribués.

Une partie de la réunion de Kegalla

Le représentant de l'ISSE Sri lankais Kapila Fernando présidait la réunion. Il a commencé par expliquer que la campagne électorale du SEP n'avait pas juste pour objectif de gagner des voix mais de fournir une perspective socialiste internationale à la classe ouvrière. Il a dit qu'on ne pouvait résister à l'augmentation du chômage des jeunes, à l'intensification des coupes dans le système éducatif et aux autres attaques sociales qu'en luttant pour un programme socialiste et en construisant un parti révolutionnaire de la classe ouvrière afin de guider toutes les couches opprimées de la société.

Ananda Daulagala, qui est la tête de liste des 21 candidats du SEP, a fait la principale intervention. Il a dit que le gouvernement du président Mahinda Rajapakse chercherait à gagner les élections au moyen « d'abus flagrants des ressources de l'Etat et de pouvoir politique. » Puis il prétendrait « de façon frauduleuse que le peuple est derrière lui et chercherait à intimider la résistance populaire grandissante envers sa politique. »

Daulagala a mis en garde que le gouvernement qui a recommencé la guerre contre la minorité tamoule en 2006, était en train de déchaîner une guerre économique contre les travailleurs de toutes les communautés. » Le gouvernement de Rajapakse n'a aucune réserve pour appliquer le programme d'austérité exigé par le FMI [Fonds monétaire international] et visant à diminuer drastiquement les dépenses sociales et à geler le salaire des travailleurs, » a-t-il dit.

Daulagala a expliqué que les mesures économiques de Rajapakse découlaient directement de l'aggravation de la crise du système capitaliste mondial. « Les classes dirigeantes de chaque pays sont contraintes par la crise d'imposer des fardeaux catastrophiques à la classe ouvrière et aux pauvres par le biais de mesures drastiques qui effacent tous les acquis sociaux obtenus durant un demi siècle de luttes et de sacrifices. »

Le candidat a dit que les travailleurs n'étaient pas prêts à accepter ces attaques sans se battre. Cela se voyait dans les luttes de ces 18 derniers mois dans le monde, d'Afrique du nord et du Moyen-Orient au coeur même du capitalisme mondial aux Etats-Unis et en Europe. Daulagala a averti que bien que les masses tunisiennes et égyptiennes aient fait tomber des dictatures pro-impérialistes en place depuis des décennies, les USA et d'autres puissances impérialistes étaient en train d'intervenir pour rétablir des régimes fantoches.

Ananda Daulagala

« Il est absolument clair, » a dit Daulagala, que « sans une perspective socialiste internationaliste et une direction révolutionnaire, la classe ouvrière ne peut gagner cette lutte contre le capitalisme. » L'unique organisation qui lutte pour ce programme, a-t-il dit, est le Comité international de la Quatrième Internationale, mouvement trotskyste mondial et le World Socialist Web site. »

« La lutte du SEP, avec nos co-penseurs du monde entier, est d'éduquer et de rassembler les travailleurs et les jeunes sur la base de cette perspective. C'est ce message que nous apportons aux gens durant cette campagne électorale. »

S'adressant à l'auditoire, le secrétaire général du SEP, Wije Dias a dit que cela aura été une « expérience toute neuve » pour ceux qui assistent pour la première fois à une réunion du SEP d'entendre une analyse détaillée de la situation mondiale. « La simple mention de ces développements mondiaux est totalement absente des programmes électoraux des autres partis, » a-t-il dit.

« Nous commençons notre analyse de la situation au Sri Lanka et en Asie du sud-est, en nous fondant sur une compréhension de la situation mondiale, parce que nous vivons à l'époque de l'économie mondialisée et de la politique mondiale. Les luttes de classes dans cette région doivent donc être évaluées dans le contexte de l'échelle internationale des luttes de la classe ouvrière et des jeunes contre l'impérialisme mondial et ses agents bourgeois locaux et leurs laquais ex-radicaux. »

Dias a expliqué que la crise financière en cours depuis 2008 et la politique néo-coloniale agressive des Etats-Unis et d'autres puissances impérialistes étaient la manifestation de l'agonie de l'ensemble du système capitaliste.

« L'année 2011 a commencé par une offensive des travailleurs et des jeunes en Tunisie et en Egypte pour se débarrasser des dictateurs de longue date qui gouvernaient leur pays en agents de l'impérialisme. Il n'y a aucune raison de croire que les travailleurs de cette région prendraient une voix différente pour lutter contre la classe dirigeante et son gouvernement ici.

« Dans le même temps, nous, en tant que parti révolutionnaire du socialisme, reconnaissons que le problème crucial auquel étaient confrontées les masses insurgées de ces pays était la crise de la perspective et de la direction socialistes. Le SEP intervient dans ces élections, a poursuivi Dias, dans le but de construire une telle direction révolutionnaire, fondée sur la Théorie de la révolution permanente de Trotsky.

La réunion a été suivie d'un débat animé. Un jeune a demandé ce que le SEP pensait d'un programme visant à « unir toutes les forces de gauche. »

Dias a expliqué que la classe ouvrière, partout et tout particulièrement au Sri Lanka, avait subi des défaites amères en suivant cette mauvaise voie. Une telle expérience, a-t-il dit, fut la formation du United Left Front (Front de gauche uni) en 1963 par le Parti Lanka Sama Samaja, le Parti communiste et le Mahajana Eksath Peramuna de Philip Gunawardena.

« Ce front de gauche, » a dit Dias, « fut la rampe de lancement du gouvernement de coalition bourgeois de 1964 qui a joué un rôle crucial dans la destruction de l'indépendance politique de la classe ouvrière et qui a eu des conséquences tragiques pour l'ensemble des masses. »

Le désir d'unité parmi les masses requiert une alliance révolutionnaire des travailleurs et des pauvres des campagnes contre le régime capitaliste sur la base d'un programme socialiste international, a dit Dias. « Cette unité ne peut se forger que par une lutte politique, menée par le parti révolutionnaire, pour démasquer et vaincre tous ces partis et groupes qui travaillent, de diverses manières, pour lier la classe ouvrière à la classe dirigeante. »

Dias a expliqué comment Janatha Vimukthi Peramuna, qui se présentait comme une alternative aux vieux partis de « gauche » déloyaux avait suivi la même trajectoire que le Front uni de gauche. Il avait rejoint le gouvernement de Kumaratunga en 2004 puis avait soutenu le retour au pouvoir de Rajapakse qui avait intensifié la guerre brutale contre le peuple tamoul.

Dias a ajouté que le Parti Nava Sama Samaja soi-disant de gauche et le United Socialist Party (Parti socialiste uni) apparaissaient sur des plate-formes politiques avec le United National Party droitier au nom de leur opposition au gouvernement de Rajapakse. »Ils prétendent tous être des fronts de « gauche » » a dit Dias, « mais en réalité les aspirations des travailleurs et des jeunes sont abandonnées par ces fronts. »

Des réponses détaillées ont été données à des questions concernant l'attitude du SEP sur la question tamoule, les « Leçons tirées et la Commission de réconciliation » du gouvernement Rajapakse, le rôle des syndicats et la manière dont le SEP gagnerait le soutien des masses. Un certain nombre de travailleurs et de jeunes sont restés après la réunion pour continuer la discussion sur le programme du parti.

(Article original paru le 11 août 2012.)