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La crise de l’emploi et les élections présidentielles américaines de 2012

Par Patrick Martin
31 juillet 2012

Le gouvernement Obama a publié vendredi une mise à jour officielle de l’économie américaine qui prévoit que le chômage restera élevé durant la prochaine décennie. Le taux de chômage se situait en avril 2008, avant que le krach de Wall Street ne déclenche la faillite de Lehman Brothers, à 5,0 pour cent. Même dans un cas de scénario le plus optimiste exposé par le rapport de la Maison-Blanche, le chômage demeurera jusqu’en 2022 au-dessus de ce niveau.

En d’autres termes, pour ceux qui sont sans emploi, et particulièrement pour la nouvelle génération de jeunes gens qui ont atteint l’âge adulte depuis l’effondrement de 2008, la perspective est, plus ou moins indéfiniment, une poursuite du chômage de masse.

Le rapport à mi-mandat publié par le Bureau de la gestion et du budget (Office of Management and Budget, OMB) de la Maison-Blanche croit à un retour à une croissance économique rapide aux États-Unis avec un PIB augmentant de plus de 4 pour cent par an en 2014 et en 2015, et à une reprise économique mondiale plutôt qu’à une dépression.

Les prévisions économiques de l’OMB ont déjà été réfutées comme étant excessivement optimistes au moment où le rapport à mi-mandat était mis sous presse. Alors que l’OMB prévoit une croissance de 2,6 pour cent du PIB en 2012, le taux de croissance du deuxième trimestre signalé par le département du Commerce a chuté à tout juste 1,5 pour cent, en dessous même des 2,0 pour cent indiqués au premier trimestre.

Même en vertu des hypothèses irréalistes de l’OMB, il faudrait une décennie entière pour revenir au niveau de chômage qui prévalait dans les tout premiers stades de l’actuel marasme économique. Compte tenu de la réalité du ralentissement mondial, de nouveaux chocs financiers dus à la faillite des pays européens et des scandales financiers impliquant les banques et les fonds spéculatifs (LIBOR, JP Morgan Chase), la baisse relativement faible du taux de chômage américain au cours de ces deux dernières années, le passage de 10,1 à 8, 2 pour cent, va en toute probabilité être effacée par une multiplication des licenciements de masse.

Des annonces faites récemment par Cisco Systems, Citigroup et, tout dernièrement, Delta Airlines suggèrent qu’une nouvelle série de suppressions d’emplois de la part les entreprises est en cours.

Malgré les prévisions douteuses, le document de l’OMB a une signification politique définie. Ses prévisions économiques correspondent à une admission comme quoi le capitalisme a abandonné une génération entière de jeunes de la classe ouvrière aux États-Unis. Des millions de jeunes gens obtiennent chaque année leur diplôme d’études secondaires ou quittent les universités pour intégrer le marché du travail dans des conditions où la création d’emploi est anémique au point que peu de travail est disponible pour ceux qui sont déjà au chômage, et encore moins pour les nouveaux demandeurs d’emploi.

Dans le même temps, le document de l’OMB représente une déclaration, venant du bureau du président des États-Unis, que rien ne sera fait pour améliore le sort des chômeurs ou pour leur procurer des emplois. L’étude de la Maison-Blanche part du principe qu’aucune action ne sera prise au cours des prochaines dix années pour créer des emplois ou pour remettre les chômeurs au travail.

Le gouvernement a octroyé des ressources énormes aux ultrariches, sous forme de renflouements bancaires puis aux entreprises automobiles, auxquelles s’est ajoutée une réduction de 50 pour cent des salaires des travailleurs de l’automobile nouvellement embauchés. Alors que des milliers de milliards ont été alloués au sauvetage de Wall Street, pas le moindre centime n’a été offert pour empêcher une augmentation colossale de la pauvreté et de la misère sociale qui règnent au sein de la population laborieuse.

Une politique bien définie est à l’œuvre et qui sera poursuivie quel que soit celui, d’Obama ou de Mitt Romney, qui remportera les élections présidentielles en novembre. Loin de chercher à mettre fin au chômage de masse, l’élite dirigeante américaine trouve que des dizaines de millions de travailleurs sans emploi est une bonne chose. Un taux de chômage à deux chiffres (les intérimaires et les travailleurs découragés étant inclus dans le calcul) fournit une arme puissante pour tirer vers le bas les salaires, les prestations et les programmes sociaux, en imposant des conditions encore pires aux travailleurs qui ont encore un emploi.

Entre-temps, sur le plan de la sécurité nationale, le manque d’emplois décents pour les jeunes assure un approvisionnement constant de recrues pour l’engagement « volontaire » dans l’armée, la chair à canon pour des nouvelles guerres impérialistes telles celles de l’Irak et de l’Afghanistan et celles qui sont en train d’être planifiées en Syrie, en Iran et dans d’autres points chauds internationaux où l’armée américaine est déployée.

Pour la classe ouvrière, le document de l’OMB souligne la réalité qui sous-tend la campagne électorale de 2012. Avec des dizaines de millions de travailleurs se trouvant dans une situation de plus en plus désespérée, aucun des candidats capitalistes, ni Obama ni Romney, n’offre une alternative. La vérité est qu’il ne peut pas y avoir de solution à la crise sans une attaque frontale contre la richesse accumulée de la classe dirigeante.

Les milliers de milliards qui sont dissimulés dans les coffres des banques et des grands groupes sont une réponse irréfutable aux affirmations des politiciens démocrates et républicains et de leurs apologistes au sein des médias qu’« il n’y a pas d’argent » pour pourvoir aux besoins sociaux urgents.

La classe ouvrière doit construire un mouvement politique indépendant de masse qui préconise une redistribution radicale de la richesse dans le but de satisfaire les besoins sociaux. Les vastes ressources créées par les travailleurs doivent être utilisées pour fournir des emplois aux chômeurs et un avenir à ce qui autrement sera une génération perdue de jeunes de la classe ouvrière.

Le Socialist Equality Party (Parti de l’égalité socialiste, SEP) et nos candidats qui se présentent comme président, Jerry White, et comme vice-présidente, Phyllis Scherrer, représentent le seul mouvement politique à lutter pour cette perspective socialiste révolutionnaire au sein de la classe ouvrière américaine. Nous exhortons les travailleurs et les jeunes à soutenir notre campagne, à rejoindre et à construire notre parti. Pour plus d’informations, visitez www.socialequality.com.

(Article original paru le 30 juillet 2012)