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Élection législative en Allemagne: le calme avant la tempête

Par Peter Schwarz
19 août 2013

Si les élections législatives allemandes du 22 septembre étaient réellement démocratiques, alors tous les habitants de l’Europe devraient être autorisés à y participer. Les décisions prises à Berlin concernent la vie de millions d’Européens. Le gouvernement allemand est la force motrice derrière les programmes d’austérité qui ont plongé, partout en Europe, des couches entières de la population dans la pauvreté et fait grimper le chômage à des niveaux record.

Mais, en l’état actuel des choses, non seulement l’électorat européen, l’électorat allemand lui aussi sera exclu de tout rôle effectif dans ces élections. Les partis politiques traditionnels se sont ligués pour éliminer toute question sérieuse de la campagne électorale.

Ne sont matière à débat ni la crise non résolue de l’euro, ni les préparatifs d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient, ni le renforcement systématique de l’appareil d’Etat ou encore les attaques incessantes contre les emplois, les salaires et les prestations sociales. Durant cette campagne électorale, toutes les décisions politiques susceptibles de déranger l’impression de calme artificiellement créée ont été repoussées à plus tard.

Et pourtant, les mesures d’une prochaine série d’attaques sociales ont été élaborés depuis longtemps. Des dizaines de milliers de licenciements sont en attente dans la sidérurgie, dans l’industrie automobile et dans les entreprises d’exportation. Les associations patronales font pression pour la mise en place de davantage de déréglementation du marché du travail et pour que des milliards d’euros supplémentaires soient soustraits à l’éducation et au budget social afin de renflouer des banques en difficulté et des Lands endettés.

Ces projets seront immédiatement mis en vigueur après les élections de septembre, quel que soit les partis qui formeront le prochain gouvernement et indépendamment du candidat qui accèdera au poste de chancelier. A cet égard, les partis plus « à gauche » de l’establishment – les sociaux-démocrates, les Verts et Die Linke – se sont tous avérés être des agents fiables de la classe dirigeante.

La situation en Allemagne et partout en Europe rappelle le calme proverbial qui règne avant la tempête. Selon l’ancien chef économiste de la Banque centrale européenne, Jürgen Stark, la crise « s’intensifiera en automne. » Comme l’a dit Stark au journal économique Handelsblatt, « Nous entrons dans une nouvelle phase de gestion de la crise. »

Dans l’attente de luttes de classe acharnées, tous les partis bourgeois – des chrétiens démocrates au parti Die Linke – sont en train de serrer les rangs. Ils suivent le modèle égyptien où les forces libérales et de la pseudo gauche s’étaient associées, il y a deux ans, à la révolte contre Moubarak pour actuellement soutenir le coup d’Etat militaire.

Le renforcement systématique de l’appareil d’Etat et la destruction des droits démocratiques constituent l’élément clé des préparatifs de l’élite dirigeante en vue des luttes de classe à venir. Toute mention des liens étroits existant entre les services secrets allemands et la bande néo-nazie qui a commis dix meurtres racistes a disparu des débats de la campagne électorale. La même chose vaut pour les divulgations au sujet de la surveillance de masse de la population par le Service fédéral de renseignement allemand (Bundesnachrichtendienst, BND) et l’Agence nationale de la sécurité américaine (National Security Agency, NSA) qu’Edward Snowden a rendue publiques.

Un débat public est actuellement en cours dans le milieu universitaire quant à savoir si la démocratie est vraiment utile. Il y a trois ans, Herfried Münkler, professeur de sciences politiques avait exigé ouvertement de jeter un « regard nouveau et désinvolte sur les relations entre la démocratie et la dictature. » Le débat rappelle les dernières années de la République de Weimar durant lesquelles le juriste de droit constitutionnel Carl Schmitt avait développé les arguments juridiques qui servirent à justifier la dictature nazie.

La classe dirigeante se prépare une fois de plus à des formes de régime dictatoriales. Les travailleurs pour leur part, doivent se préparer pour les luttes de classe à venir. La condition préalable la plus importante est la construction d’un nouveau parti qui permettra à la classe ouvrière d’intervenir indépendamment dans les événements politiques.

Les événements tragiques d’Egypte montrent que la classe ouvrière ne peut sauvegarder ses intérêts qu’à l’aide de son propre parti révolutionnaire. Le Parti de l’égalité sociale (Partei für Soziale Gleichheit, PSG), la section allemande du Comité International de la Quatrième Internationale, participe aux élections législatives précisément pour construire un tel parti.

La construction d’un nouveau parti ouvrier requiert une assimilation approfondie des expériences historiques du vingtième siècle telles quelles sont contenues dans la lutte de la Quatrième Internationale contre le stalinisme, la social-démocratie et toutes les formes d’antimarxisme, dont le pseudo-marxisme du mouvement étudiant des années 1960. Ceci requiert une offensive politique contre le parti La Gauche (Die Linke) et ses annexes de la pseudo gauche que sont Marx21 et l’Alternative socialiste (Sozialistische Alternative Voran, SAV, branche allemande du Socialist Party britannique) et qui, derrière le camouflage d’une rhétorique de gauche défendent une politique pro-capitaliste, droitière.

Le PSG défend un programme socialiste. Il n’est pas possible de résoudre le moindre problème social sans briser le pouvoir des banques et des grands groupes et les placer sous le contrôle démocratique de la population. Le PSG rejette toute forme de nationalisme et lutte pour l’unification de la classe ouvrière européenne et internationale.

Le PSG est contre l’Union européenne qui est l’instrument des grands groupes et des banques. Son objectif est d’établir les Etats socialistes unis d’Europe. Le manifeste du PSG précise que « Ce n’est que par l’unification de l’Europe sur une base socialiste que la classe ouvrière peut faire valoir ses propres intérêts, empêcher que l’Europe ne retombe dans le nationalisme et la guerre et qu’elle peut utiliser l’énorme richesse et les forces productives du continent pour servir les intérêts de la société dans son ensemble. »

Nous invitons tous les lecteurs du World Socialist Web Site à soutenir la campagne du PSG, à consulter notre site web et à suivre nos réunions électorales, dont beaucoup seront retransmises en direct sur le site.

(Article original paru le 17 août 2013)