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Des travailleurs et des étudiants en Australie discutent du programme anti-guerre du SEP

Par nos reporters
15 août 2014

Le danger grandissant d'une troisième guerre mondiale a été souligné lors d'une série de réunions fructueuses organisées par Le Parti de l’Egalité socialiste (Socialist Equality Party, SEP) et l’organisation Etudiants et Jeunes internationalistes pour l’Egalité sociale (EJIES) durant ces dix derniers jours.

Initialement organisées en réponse à la débâcle grandissante des Etats-Unis en Irak, ces réunions se sont élargies pour inclure également des analyses et des discussions concernant l'attaque militaire israélienne de Gaza, l'intensification de la campagne des puissances impérialistes contre la Russie, et les origines de la crise en Ukraine.

Nick Beams

Le secrétaire national du SEP Nick Beams s'est exprimé à Melbourne le 13 juillet et une semaine plus tard, James Cogan, secrétaire national adjoint, s'est exprimé à Sydney tandis que Mike Head prenait la parole lors d'une réunion à Brisbane.

Il y avait au cœur des discussions la résolution adoptée par le Comité international de la Quatrième Internationale en juin, Le Socialisme et la lutte contre la guerre impérialiste, qui porte sur les dangers d'une guerre impérialiste et la lutte pour construire la Quatrième Internationale.

Les personnes présentes ont suivi attentivement les interventions qui comparaient les événements politiques mondiaux les plus récents aux questions centrales de perspective historique figurant dans la résolution. Les inquiétudes sérieuses exprimées par les membres du public concernant l'aggravation de la crise en matière de relations géo-politiques se reflètent dans les interviews conduites par le World Socialist Web Site à la fin des réunions.

A Melbourne, Edgar, 20 ans, étudiant en psychologie à l'université La Trobe, a dit : « J'ai aimé comment Nick Beams a expliqué en détail d'où vient le danger de guerre et quel est le problème majeur – pourquoi le capitalisme ne peut pas fonctionner. Il est clair que c'est une bonne solution que la classe ouvrière s'oppose au capitalisme.

Edgar

« Il a montré que les événements de la Première Guerre mondiale sont étroitement liés à ce qui est en train de se produire aujourd'hui. La différence c'est que maintenant c'est encore plus intense, plus avancé que ça ne l'était à l'époque. La plupart des gens disent 'il y a des problèmes dans la société et le gouvernement ment', mais ils ne sont pas capables de dire pourquoi. Ils ne savent pas ce qui se passe derrière les mensonges. Venir à cette réunion a répondu à mes questions. Cela me donne envie de rechercher davantage là dessus...

« J'ai aussi aimé l'explication historique de la révolution, et particulièrement la Révolution russe et comment elle a été trahie par le stalinisme. Je n'en savais rien ; on ne me l'a jamais appris au lycée. A l'école ils disaient 'le socialisme ne marche pas' mais ils n'ont jamais expliqué que ce qui s'est passé en Russie n'était pas du socialisme. Les gens ont en fait été trahis par le stalinisme. »

Farouche a décidé de se rendre à la réunion de Melbourne avec ses deux jeunes enfants après avoir reçu un tract du SEP lors d'un rassemblement anti-budget, où elle portait une pancarte fait main sur laquelle était inscrit « Non à l'élargissement de l'OTAN. »

Après la réunion du SEP, elle a dit : « J'essaie de comprendre ce qui se passe grâce aux informations – enfin, grâce à internet – et pas les nouvelles diffusées par les médias dominants. Je m'inquiétais de ce qui se passait en Ukraine, mais c'est difficile de suivre quoi que ce soit car il y a toujours une histoire en coulisses et des intentions cachées différentes. » Farouche a dit que la réunion avait été « très informative » et qu'elle souhaitait être contactée sur les réunions à venir du SEP.

Birwan, jeune travailleur dans un entrepôt, originaire du Népal a dit: « J'aimerais bien qu'on mette moins l'accent sur la cupidité. Il y a des gens comme Gina Reinhart [magnat de la mine] qui a une richesse énorme mais qui pense que tout le monde devrait travailler pour 2 $ par jour, comme en Afrique. Il y a assez de richesses pour tout le monde mais les démocraties occidentales disent aux travailleurs 'regardez la chance que vous avez' comparé aux gens des pays les plus pauvres comme le Népal, et donc il faudrait accepter la vie qu'on a. »

A Brisbane, Erin est venu pour la première fois à une réunion du SEP; il lit le WSWS depuis plus de six ans. Lorsqu'on lui a demandé de réagir aux mises en garde du SEP sur le risque d'une troisième guerre mondiale, il a répondu: « Je pense que votre analyse est très juste. Il y a des tendances historiques définies à ces choses. Vous n'exagérez absolument pas. Tout ce que vous dites sur la nécessité d'un mouvement anti-guerre et d'une nouvelle direction à la classe ouvrière pour y parvenir est absolument correct. »

Erin

Faisant référence à ce qui se passe en Ukraine, il a dit: « C'est une tentative de morceler la Russie pour s'emparer des marchés potentiels et même des gazoducs contrôlés par la Russie. Les entreprises américaines ont l'oeil dessus, et les Allemands aussi. Cette crise est fabriquée par l'OTAN pour aider à démembrer la Russie et les anciens territoires de l'Union soviétique et les ouvrir à l'exploitation de l'impérialisme occidental. »

Erin a comparé l'analyse du WSWS à celle des médias dominants et des divers sites internet « de gauche ». « Le WSWS est très informatif, ses analyses sont lucides. Bien sûr, il y a un parti pris socialiste, le parti pris est évident, bien réfléchi et se fonde sur une analyse rigoureuse. Je trouve les autres sources d'informations, et pas seulement des médias dominants, mais aussi de gauche, plutôt avares sur les faits, avec beaucoup de blabla et de désinformation, et pas d'analyses. Le WSWS est concis, réfléchi, les articles sont approfondis et bien écrits. En fait, vous expliquez le pourquoi des réalités historiques, et mettez en vigueur cette analyse.

Erin a dit être écoeuré par le soutien apporté par les groupes de pseudo-gauche à l'intervention militaire des Etats-Unis et des alliés. « Je trouve cette hypocrisie irritante. Regardez par exemple la situation en Egypte et en Syrie... Leur soutien à la force militaire des puissances impérialistes, je ne vois pas en quoi cela est socialiste, et leur soutien à la vente d'armes aux extrémistes islamiques n'a pas de sens pour moi. Je ne vois pas comment cela pourrait être une perspective marxiste. »

A Sydney, Cheyenne, 15 ans, lycéenne de Fairfield assistait aussi pour la première fois à une réunion du SEP. « L'idée de la guerre me met en colère, mais je suis aussi déçue par les Etats-Unis et le gouvernement australien, » a-t-elle dit. Elle a dit que la promotion du militarisme parmi les jeunes « me dégoûte et je déteste tout ça. Ils devraient laisser les jeunes penser par eux-mêmes, mais ils imposent leurs idées dans leur esprit. Ca ne me plaît pas...

Cheyenne

« Ca n'arrange pas les choses que les professeurs au lycée vous disent que tout ce qui a trait au socialisme et au communisme en général est mauvais. L'idée que cela ne pourra jamais marcher est vraiment gravée dans leur esprit. »

Interrogée sur les raisons qui l'ont poussée à assister à la réunion du SEP, Cheyenne a répondu: « Je ne voulais pas rester sur la touche et dire 'je soutiens le socialisme'. Je voulais faire quelque chose et le montrer. »

Belinda, hôtesse d'accueil, a dit ne pas comprendre « pourquoi en 2014 une personne dotée d'un cerveau pouvait penser que la guerre est une bonne chose.

« L'implication de l'Australie dans la guerre en Irak s'explique par des raisons politiques et économiques. L'Australie couche avec les Etas-Unis mais je crois que si on était plus conscient de ce qui se trame vraiment, on ne serait pas d'accord avec ça. Je n'ai entendu personne d'autre tenir des réunions pour discuter de la guerre.

« Le SEP veut ouvrir les yeux des gens sur ce qui se passe vraiment et former un parti de masse pour élargir la conscience sur ce qui se passe dans le monde et expliquer qu'en fait tout est question de finances, de pétrole et de matières premières et non de religion ou de je ne sais quoi.

Michael, 31 ans, qui travaille dans le programme de soutien aux handicapés, a dit que la réunion du SEP « était très informative et sans parti pris. Il y avait des critiques non seulement de la droite mais aussi de la pseudo-gauche et j'encouragerais tout le monde à venir à des réunions du SEP. »

Michael

Interrogé sur ce qui se cachait derrière cette poussée vers la guerre, Michael a répondu: « Les profits, les profits avant les êtres humains. Ils divisent les riches et les pauvres, pas seulement à l'intérieur d'un pays mais entre les pays, et ils veulent contrôler les pays pour s'emparer de leurs ressources. Les gens sont opprimés depuis si longtemps qu'ils acceptent que c'est comme ça que va la vie, mais maintenant ils se rendent compte qu'ils veulent autre chose. »

(Article original paru le 22 juillet 2014)