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De nouveaux défilés contre la guerre à Gaza ont lieu à Paris et aux quatre coins de la France

Par Kumaran Ira
26 juillet 2014

Le mercredi 23 juillet, des milliers de personnes sont descendues dans la rue à Paris et dans toute la France pour protester contre l’intervention sanglante menée par l’armée israélienne contre la population sans défense de Gaza.

A Paris, le cortège est parti de la Place Denfert-Rochereau pour rejoindre les Invalides et faisait face à 1500 CRS et des policiers en civils. Selon les organisateurs, la manifestation comptait 25.000 personnes. Des immigrés, des citoyens français et des familles avec leurs enfants ont condamné le meurtre de masse de civils à Gaza qui a déjà coûté la vie à plus de 800 Palestiniens dont de nombreux enfants et blessé plus de 5000 personnes.

D’autres protestations eurent lieu dans les villes de Lyon, Rennes, Toulouse, Nantes et Lille.

Une banderole de la manifestation du mercredi 23 juillet

Tout en condamnant les atrocités israéliennes, les manifestants ont aussi dénoncé la complicité dans les crimes de guerre du président François Hollande du Parti socialiste (PS) qui avait interdit les récentes manifestations anti-Gaza. Ils ont scandé « Israël assassin, Hollande complice! » « Hollande, démission! » et « Vive la Palestine, vive la résistance. »

Au rassemblement de Paris, les manifestants ont rejeté catégoriquement les calomnies du gouvernement PS qui qualifie les protestations anti-Gaza d’antisémites et de violentes. Ils insistaient pour dire que l’opposition contre les crimes du régime sioniste ne signifiait pas hostilité contre le peuple juif.

« Nous sommes là pour dire stop aux massacres d’enfants et de civils. On se bat pour cette cause humaine pas pour des questions politiques ou religieuses, » a dit Samira Cheblal, employée médicale.

Enfants protestants contre l’agression israélienne

Nabil, informaticien, a dit: « Je suis embêté d’être représenté par François Hollande. Le pays des droits de l’homme c’est fini! La France dit être amie avec Israël. Un ami, quand il fait n’importe quoi tu le corriges! On pourrait au moins mettre en place des sanctions commerciales! »

Le soi-disant de gauche Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) et le Parti communiste français (PCF), stalinien, avaient envoyé des délégations au rassemblement. Plusieurs députés PS s’étaient également joints au rassemblement, protégés par les services d’ordre de ces partis, tout comme des responsables syndicaux de la Confédération générale du travail (CGT).

La décision d’autoriser la manifestation de mercredi avec la participation de députés PS reflète une crainte grandissante quant à la montée d’une opposition au sein de la classe ouvrière contre l’intervention militaire israélienne à Gaza. Le gouvernement, le régime le plus impopulaire en France depuis l’effondrement du régime collaborationniste pro nazi de Vichy à la fin de la Seconde Guerre mondiale, tente par tous les moyens d’essayer de maintenir un contrôle sur le sentiment anti-guerre. La participation du PS à de telles manifestations est foncièrement cynique vu que le PS soutient le crime de guerre commis à Gaza tout en réprimant les protestations contre la guerre.

Pancarte improvisée dans la manifestation

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a dit que le rassemblement, qui a été organisé à l’initiative du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens composé de partis tels le PCF et le NPA, de syndicats et de diverses ONG, a été autorisé parce les organisateurs « sont responsables et veulent une manifestation pacifique. »

Le rassemblement de mercredi à Paris a obtenu le feu vert après que le gouvernement PS ait tenté d’interdire les rassemblements anti-guerre de Gaza de samedi; les manifestants avaient toutefois défié l’interdiction, menant à des affrontements avec la police et à l’interpellation de dizaines de manifestants. Le PS avait prétendu que le rassemblement pourrait être violent citant à l’appui des manifestations précédentes qui furent attaquées par des nervis sionistes travaillant de concert avec la police.

Mardi 22 juillet, le tribunal de Pontoise a condamné quatre jeunes hommes, arrêtés à Sarcelles, dans la banlieue nord de Paris, à des peines de prison après les avoir reconnus coupables de violences lors d’une manifestation qui s’était tenue le week-end.

Une autre banderole de la manifestation du 23 juillet

Ces calomnies sont celles qui trouvent actuellement un écho dans tous les pays de l’Union européenne qui soutiennent les crimes de guerre à Gaza. « La rhétorique antisémite et l’hostilité contre les Juifs ainsi que les attaques sur les personnes de la communauté juive et les synagogues n’ont pas leur place dans nos sociétés, » ont déclaré dans un communiqué conjoint publié cette semaine à Bruxelles, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier et ses homologues italiens et français Federica Mogherini et Laurent Fabius.

La semaine passée, Hollande avait personnellement défendu l’offensive menée par Israël et l’interdiction des manifestations en France en prévenant du risque d’un conflit social en France même. « Israël peut se défendre s’il est attaqué et en même temps, Israël doit avoir de la retenue… » avait dit Hollande, « Je ne veux pas qu’il y ait des conséquences en France. Le conflit israélo-palestinien ne peut pas s’importer en France. »

Pancartes improvisées du défilé parisien"

Lundi, Hollande avait rencontré des dirigeants juifs et musulmans à l’Elysée, leur disant que la lutte contre l’antisémitisme sera une « cause nationale ».

Le soutien du PS à l’intervention de l’armée israélienne à Gaza a aussi exposé la volte-face opérée par les groupes de la pseudo gauche comme le NPA qui prétend être solidaire avec les Palestiniens. Après l’interdiction du rassemblement de samedi, le NPA avait critiqué le PS pour avoir violé le droit constitutionnel à se rassembler. Quelques jours plus tard à peine, le NPA travaillait main dans la main avec la police pour défendre les députés PS qui tentaient cyniquement de participer au rassemblement, oeuvrant pour réhabiliter le parti gouvernemental profondément détesté.

(Article original paru le 24 juillet 2014)