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Il y a 25 ans.

Le nouveau chef du Parti communiste chinois nommé dans le contexte d'une vague de terreur instiguée par l'Etat.

12 juillet 2014

Le 24 juin, 1989 Jiang Zemin fut nommé secrétaire général du Parti communiste chinois. Il fut nommé pour remplacer l'ancien secrétaire général, Zhao Ziyang, qui était toujours en résidence surveillée depuis le début de la répression d'Etat contre les manifestants de la place Tiananmen, à la fin du mois de mai.

La semaine précédente, le régime stalinien avait reconnu que 27 travailleurs avaient été exécutés depuis le massacre de la place Tiananmen. Depuis les mesures autoritaires prises par l'armée, la campagne répressive du régime n'avait qu'un seul objectif : forcer les travailleurs chinois à se soumettre. Les travailleurs furent amenés de force devant les caméras de télévision dans la position dite de l'« avion », c'est-à-dire la tête abaissée de force vers le sol, les deux bras tordus en arrière par un soldat de chaque côté. Leur visage était meurtri et ensanglanté, leurs vêtements en total désordre du fait des coups et des tortures subies.

Dans un article intitulé « Terreur contre les travailleurs chinois » le journal français Libération décrivit la scène d'un « procès » à Changchun, chef-lieu de la province de Jilin : « Les 26 condamnés, tête rasée et portant un panneau autour du cou indiquant leur nom, leur lieu de travail et le crime dont ils sont accusés (participation à une manifestation ou avoir fait courir des rumeurs) étaient exhibés sur la scène d'un cinéma devant des centaines de spectateurs... »

Les exécutions publiques en représailles furent perpétrées afin de terroriser la population et de « normaliser » la situation dans les usines pour assurer leur fiabilité envers les marchés capitalistes. On ignore le nombre d'arrestations, de tortures et d'assassinats par l'Etat mais des témoignages enregistrés et sortis de Chine clandestinement suggèrent que les chiffres sont beaucoup plus élevés que ceux reconnus publiquement.

Un diplomate occidental à Shanghai raconta au New York Times: « J'estime que nous entrons dans une période de forte intimidation visant à s'assurer que le peuple retourne au travail et y reste. Ils ont déjà exécuté environ 2 000 personnes ; alors pourquoi pas 2000 de plus ? Il faut voir les choses de leur point de vue. »

Malgré quelques protestations publiques de politiciens bourgeois contre la répression en Chine, la vraie attitude de l'impérialisme américain fut résumée le 20 juin dans une interview, parue dans le New York Times, du chef du bureau chinois du ministère du Commerce américain, où le gouvernement travaille à coordonner les activités des multinationales en Chine. « En fait, nous leur conseillons de ne pas bouger... et d'attendre de voir comment les choses vont évoluer, » a dit au Times le responsable du ministère du Commerce.

Le ministère surveillait de près le retour « à la normale » dans les ports, les usines et les bureaux de Poste, bien qu'il révélât que le Port de Shanghai restait toujours fermé. La préoccupation principale de ce poste d'écoute impérialiste et des entreprises qu'il servait, était de voir si la bureaucratie de Deng Xiaoping réussirait à écraser le mouvement ouvrier.

(Article paru le 23 juin 2014)