Home » Nouvelles internationales » France

France: Le NPA est responsable de la politique réactionnaire du nouveau gouvernement PS

Par Anthony Torres
6 septembre 2014

Le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) a réagi à la formation du nouveau gouvernement de Manuel Valls par des critiques hypocrites et fausses qui servent à masquer sa responsabilité dans la mise en place d'un gouvernement très à droite, que le NPA continuera de défendre.

Ce que redoute avant tout le NPA, c'est que la chute et le discrédit du Parti socialiste (PS) ne provoquent une crise de régime dans laquelle il lui serait impossible d'étouffer un mouvement politique de la classe ouvrière qui déborderait le PS et ses satellites, tels le NPA. Il souligne dans un article intitulé « France : C’est la crise ! La censure face au gouvernement Hollande-Valls doit s’exprimer dans la rue » les risques posés par l'effondrement du PASOK, suite aux mesures d'austérité dévastatrices que celui-ci a imposé en Grèce.

L’auteur de l’article, François Sabado, écrit : « Qui peut dire ce que sera la situation du PS dans les semaines ou les mois qui viennent ? Jusqu’à maintenant un processus comparable à celui du PASOK – le Mouvement socialiste panhellénique qui s’est effondré – semblait écarté, mais les choix de l’équipe Hollande-Valls peuvent provoquer un écroulement de ce PS. »

Dans un article intitulé « Le nouveau gouvernement : la finance aux manettes » Le NPA réagit ainsi à la nomination du gouvernement Valls: « Manuel Valls a formé un 2ème gouvernement qui pour l'essentiel est dans la continuité du 1er, pour appliquer de façon encore plus claire et cohérente la feuille de route de Hollande. C'est un gouvernement de combat qui va poursuivre et amplifier la politique d'austérité, de casse sociale, d'affrontement avec celles et ceux qui la rejettent et la combattent. ».

En fait, ce « gouvernement de combat » dont le NPA dit qu’il appliquera la feuille de route de Hollande est celui que le NPA a contribué à faire élire en 2012. Lors de l'élection présidentielle, le NPA avait appelé à voter Hollande en faisant croire qu'il serait plus facile de faire pression sur un gouvernement PS et de le pousser à gauche.

Comme l'avoue Sabado, le NPA était parfaitement conscient que Hollande mènerait une politique réactionnaire.: « La trajectoire 'sociale-libérale' du Parti socialiste n’est pas nouvelle. Son intégration dans les sommets de l’Etat et du capital financier est avérée depuis plusieurs années ». Il avait donc appelé à voter PS en toute connaissance de cause. A présent, il soutient Hollande et son gouvernement, alors qu'ils conduisent cette politique, en étouffant toutes les tentatives de la classe ouvrière de lutter politiquement contre le PS.

La mise en place d'un gouvernement Valls II est le résultat des pressions subies par Hollande de la part de Bruxelles pour accélérer les réformes. Hollande a profité des critiques émises par des dirigeants du PS et des ministres comme Arnaud Montebourg vis-à-vis de la politique d'austérité imposée par Valls et par Berlin pour éliminer de son gouvernement les tenants d'une politique plus ouvertement hostiles à l’Allemagne et en faveur d'un programme économique plus inflationniste.

Il a nommé des ministres comme Emmanuel Macron à l’Economie, ancien inspecteur des finances et ex-banquier d'affaires de la banque Rothschild, pour mener à bien la politique dictée par l'Union européenne et la haute finance française.

Le NPA, par son hostilité envers une perspective révolutionnaire et socialiste a contribué à la mise en place d'un tel « gouvernement de combat », le plus droitier que la France ait connu depuis Vichy. Il écrit que pour faire face à ce gouvernement Valls II, il faut « plus que jamais [...] construire une opposition sociale et politique et la mobilisation contre cette politique de régression sociale ... une coalition de syndicats, d’associations, de partis a rassemblé des dizaines de milliers manifestants contre les politiques d’austérité. »

Ce n'est là qu'un enfumage cynique. Le NPA ressort une fois de plus sa « nécessité de construire une opposition » avec des syndicats et des partis politiques qui ont trahi les luttes de la classe ouvrière pendant des décennies, et qui ont aidé Hollande à mettre en place sa politique. Ce sont des partis subordonnés au PS, tout comme le NPA. Le NPA défend cette perspective malhonnête pour rassurer le gouvernement Valls II et lui signaler qu'il continuera à tenter d'étouffer les luttes ouvrières et, au besoin, de mener dans une impasse celles qu'il n'arrive pas à étouffer.

Sabado évoque ainsi la défaite d'une grève des cheminots cet été, la présente comme un exemple de victoire, et couvre le gouvernement : « De nouvelles générations comme celles apparues lors des grèves à la SNCF montrent que les salarié·e·s, lorsque les conditions de la lutte sont réunies et ont été réunies, résistent aux attaques gouvernementales et patronales, même s’il peut y avoir un décalage substantiel entre la combativité et une conscience politique anticapitaliste. »

Le NPA n'a rien d'un parti révolutionnaire ni même « anticapitaliste ». Ce parti ne cherche pas à renverser le capitalisme, mais à le sauver dans une situation où il menace de provoquer la guerre et l'effondrement économique, et où se prépare une éruption de la révolution sociale.

Si le NPA formule à présent quelques réserves à propos de Valls, c'est parce que son programme économique correspond davantage à la politique inflationniste de Montebourg qu'à la politique déflationniste de Valls.

En 2009, le magazine Contretemps avait consacré ses pages aux écrits de membres de l'ex LCR. Il avait reproduit un article de Sabado intitulé : « Une alternative anti-capitaliste en Europe » où celui-ci écrivait « L'Europe pourrait constituer le cadre fonctionnel pour un plan de sauvetage keynésien. ». Sabado se plaignait des plans de relances en Europe qui n'allaient pas assez loin : « Le plan de relance d'Obama, qui s'élève à plus de 5 pour cent du PIB en 2009, ne pourra réussir que dans la réduction de moitié de l'ampleur probable de la récession. Que devrions-nous dire des plans de relance européens? Ils sont, au mieux, sous-dimensionnés: 1,3 pour cent du PIB au Royaume-Uni, 1 pour cent en France, 0,8 pour cent en Allemagne, 0,1 pour cent en Italie. »

Ce que Sabado oublie volontairement de dire, c'est que la politique de relance d'Obama a été catastrophique pour la classe ouvrière américaine, avec des baisses de salaires drastiques et des coupes claires dans les dépenses sociales. Quelle que soit la politique économique adoptée par les gouvernements capitalistes, ce sont les acquis sociaux de la classe ouvrière qui sont attaqués.

Le NPA représente les intérêts de classes moyennes aisées qui applaudissent une politique de la planche à billet comme celle pratiquée aux Etats-Unis ; ils souhaitent mettre le poids de la crise économique sur le dos de la classe ouvrière et une telle politique les enrichirait. Ce parti anti-ouvrier est prêt à des alliances sans principe avec des organisations de toutes sortes dont le point commun est la haine envers les travailleurs et envers le socialisme. En Syrie, le NPA soutient les milices liées à Al Qaïda et en Ukraine les fascistes de Svoboda et de Secteur Droit. Il est complètement aligné sur la politique nauséabonde de Paris et de Washington.

Malgré les critiques cyniques qu'il formule à l'encontre du gouvernement Valls, le NPA continuera à défendre des partis imposant des mesures d'austérité des plus réactionnaires contre la classe ouvrière.