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Des travailleurs de l’auto de Chicago appuient le rassemblement de la journée des travailleurs

Par George Marlowe
24 avril 2015

Samedi, des partisans du Parti de l’égalité socialiste (SEP) ont fait campagne à l’usine d’assemblage Ford de Chicago pour exhorter les travailleurs de l’auto à participer au Rassemblement international de la journée des travailleurs 2015 contre la guerre, la dictature et l’inégalité sociale.

Les travailleurs de Ford, dont beaucoup d’entre eux reçoivent un salaire d’une grille inférieure, soit 16 dollars l’heure, qui a été mise en place lors de la restructuration du secteur de l’auto par l’administration Obama en 2009, ont solidement appuyé cette campagne. Ils ont fait le lien entre les intérêts sociaux qui motivent la campagne pro-guerre et ceux qui profitent des salaires de misère qui sont payés à de plus en plus de travailleurs de l’auto.

Lamar

«Qui profite de la guerre?», a demandé Lamar, un travailleur sur la grille salariale inférieure. «Les riches. On a qu’à penser à l’Irak. Il n’y avait pas d’armes de destruction massive. C’était pour le pétrole.»

Lorsque les militants du SEP l’ont exhorté à participer au rassemblement, il a répondu: «Ça m’intéresse beaucoup. Je suis d’accord avec le message et je crois qu’il faut mettre un terme à la guerre.»

Steve, un travailleur de l’auto âgé de 25 ans, a fait le lien entre la campagne de guerre de l’impérialisme américain et les visées de la ploutocratie du monde des affaires. Il a fait référence au rôle du syndicat des Travailleurs unis de l’automobile (UAW) qui joue un rôle de gendarme contre les travailleurs ainsi qu’aux médias qui font la promotion des politiques identitaires pour garder la classe ouvrière divisée.

«Les guerres servent uniquement les grandes sociétés», a-t-il dit. Cela fera bientôt huit ans que mon frère sert dans l’armée. Il est allé en Afghanistan quelques fois et à Kandahar. Il est à la maison maintenant.

«J’en parle souvent à ma conjointe. Les guerres ne nous apportent aucun avantage ici. Absolument aucun. Je ne fais que 16$ l’heure ici à Ford. Les gens comme moi se font avoir. Et les gens comme mon frère qui sont dans l’armée se font avoir encore plus. Durant quatre ans, j’ai été pompier à temps plein à Schererville en Indiana avant de commencer à travailler ici. Ils ont commencé à réduire notre paie et nos salaires et nous ont enlevé nos avantages sociaux. Le salaire des ambulanciers est si bas.

«Et l’UAW ne fait rien ici. Ils ne font rien pour nous. On se fait avoir par eux, on se fait avoir par Ford et on doit malheureusement payer toutes ces cotisations syndicales. Ils sont supposés travailler pour nous. Non, ils travaillent pour eux-mêmes.»

Steve

Les militants ont abordé la question de la récente convention de l’UAW. Tandis que le président de l’UAW Dennis Williams disait s’opposer au système de double grille salariale, il est en réalité en discussion avec Ford et les autres compagnies automobiles pour créer plusieurs autres grilles salariales à plus bas salaire.

À ce sujet, Steve a ajouté, «Avez-vous entendu parler de la situation à Lear? L’usine de sous-assemblage? Ils lui ont donné un autre nom et ont annoncé que le système à double grille salariale avait été supprimé. Ils font 11$ l’heure. Beaucoup craignent que la même situation se reproduise ici à Ford avec la convention collective. Une grève est en préparation, mais nous craignons que ça fasse comme à Lear.»

Les militants du SEP ont fait remarquer que les attaques sur les conditions de vie des travailleurs étaient non seulement menées avec la collaboration de l’UAW, mais aussi avec celle de tous les syndicats. Les reporters ont discuté de la grève du pétrole menée par le syndicat des Métallos (United Steelworkers, USW) et comment il a dès le départ limité la grève à un cinquième des raffineries qu’il représentait afin d’isoler les travailleurs du pétrole et forcer l’imposition d’un contrat au rabais.

«J’ai discuté avec des gens à propos de la grève du secteur pétrolier», a lancé Steve. «Je n’ai jamais été impliqué dans une grève. J’étais dans un syndicat quand j’étais pompier, mais c’était comme s’il n’existait pas vraiment. Je parlais à quelqu’un de la manière dont l’USW fermait «stratégiquement» une usine par-ci par-là. Mais lorsque tu confrontes de grandes entreprises comme BP, c’est comme lancer des cailloux à un géant! Si tous les travailleurs étaient sortis en grève, cela aurait réellement eu un impact sur les compagnies pétrolières!»

Parlant du bellicisme de l’impérialisme américain au Moyen-Orient et à travers le monde, il a ajouté, «Les médias vont nous dire que c’est notre droit d’être là-bas. Ce ne l’est vraiment pas. Ce sont des mensonges. Ils ne défendent pas notre nation. Ils sont uniquement là pour le profit, comme Wall Street et toutes les entreprises. Ce sont eux qui donnent les ordres.

Les militants ont aussi discuté des méthodes guerrières utilisées à l’intérieur du pays, (de Ferguson à l’augmentation des meurtres commis par la police, y compris celui de Walter Scott, un homme de 50 ans de la Caroline du Sud qui n’était pas armé). «Le meurtre de Walter Scott était vraiment injustifié», a-t-il dit. Le gouvernement et les médias disent qu’il s’agit d’une question raciale. Ils veulent nous garder divisés.»

À propos des récents rapports ayant fait l’objet de fuite concernant la Garde nationale et le fait qu’elle qualifie les manifestants de Ferguson comme des «forces ennemies», il a répondu que la raison officielle pour laquelle les soldats s’enrôlent c’est «pour protéger la population. Maintenant ils sont des combattants ennemis? Le gouvernement et la police font ce qu’ils veulent. Ils violent nos droits.»

Alex

Alex, un autre travailleur sur la grille salariale inférieure, a discuté des conditions de vie stagnantes des travailleurs. «Les salaires sont les mêmes depuis toujours. Les riches s’enrichissent. En 2008, j’avais le même revenu que j’ai maintenant. Et ils veulent réduire les salaires encore plus. Les démocrates et les républicains sont les mêmes; d’une façon ou l’autre, cela ne fait aucune différence pour nous.»

Eboni et Dymon

Eboni, aussi une employée sur la grille salariale inférieure, a déclaré, «Nous n’avons aucun intérêt à ce que les travailleurs dans d’autres pays soient tués.»

Parlant des conditions auxquelles font face les travailleurs de l’auto, elle a fait observer que «nous avons une grille salariale ridicule à deux vitesses. Nous faisons le même travail, mais nous sommes payés la moitié de ce que gagnent les autres travailleurs. Ce n’est pas correct.»

Elle a terminé en disant que «les entreprises font des profits records et les PDG font des millions en bonus. Et nous ne pouvons même pas nous payer les voitures que nous fabriquons.»

(Article paru d’abord en anglais le 20 avril 2015)