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Les PSA soutiennent le rejet du contrat Fiat-Chrysler par les travailleurs américains

Par nos reporters
9 octobre 2015

Des travailleurs à l'usine PSA Peugeot-Citroën à Poissy ont parlé à des reporters du WSWS mardi pour exprimer leur soutien au rejet du contrat Fiat-Chrysler soutenu par le syndicat United Auto Workers (UAW) par les travailleurs de l'automobile aux États-Unis.

Les travailleurs à Poissy, une ancienne usine Chrysler, ont applaudi le rejet d'un contrat qui entérine un système de salaires à deux vitesses qui pénalise les nouvelles embauches, une « coopérative » se santé gérée par l'UAW, et des augmentations qui sont à peine au niveau de l'inflation.

« Il faut qu'ils soient payés pareil, quoi, s'ils font le même travail, qu'ils aient la même paie », a dit Rachid, un travailleur PSA avec plusieurs années d'ancienneté. Il a ajouté, « Ce qu'il se passe en France, les usines, on les fait ailleurs, et là-bas ils sont payés moins cher que nous pour faire le même travail que nous ».

Marie, une femme de ménage à Poissy, a dit que le système de salaires à deux vitesses n'était « pas normal. J'aurais voté non, je n'aurai pas été d'accord ».

A Poissy, où il n'y a pas eu d'augmentation depuis 2012 et la production est récemment passé de deux chaînes à une seule, les travailleurs espéraient que le rejet du contrat de l'UAW lancerait une lutte contre les attaques sur les travailleurs de l'automobile autour du monde.

« J'espère qu'il y aura des luttes par sympathie, parce que ça va mal partout », a dit Marie. « Ils nous mettent au chômage, même nous le personnel extérieur, on est au chômage. Et le personnel de PSA est au chômage. Il y a eu lundi, mardi du chômage et une semaine à la fin du mois ils nous mettent au chômage ».

« Ce qu'il faudrait c'est même pas une grève européenne, c'est une grève mondiale. Tout le monde en a marre. Ce qu'il nous faut ici c'est un Mai 68, je n'ai pas connu, mais il faut que ça bouge, parce que les gens en ont marre ».

Thierry, qui conduit un bus qui dépose les travailleurs sur le site de Poissy, a aussi souligné l'importance des luttes des travailleurs américains pour les travailleurs européens : « Quand on regarde bien, c'est important tout ce qui démarre des Etats-Unis. Si ça part de chez eux ça peut créer un mouvement européen ».

Karim, un travailleur PSA avec 30 ans d'ancienneté, a souligné les similarités entre les attaques contre les salaires et les conditions de travail à Poissy et dans les usines américaines. « Ils sont en train de ramener tous les prestataires, en logistique ça va être repris par un prestataire. Je connais un collègue qui travaille a la maintenance, ca va etre repris par un prestataire. Ils parlent de l'emboutissage. Tout sera par des entreprises extérieures. L'entreprise se dégage totalement, ils ne laissent que la fabrication, que les gens qui sont à la chaîne », a-t-il dit.

Il a observé que travailler pour un prestataire signifie accepter une réduction importante de salaire vis-à-vis les salaires à PSA, d'environ « 30 pour cent. Le prestataire ne donne pas de 13e mois, pas de prime d'équipe, pas de prime d'ancienneté, il donne un salaire de base mais il n'y a pas autre chose ».

Quand des reporters du WSWS qui distribuaient le tract La signification du « non » chez Fiat Chrysler ont évoqué la nécessité mener une lutte internationale indépendemment des syndicats, Karim a exprimé son accord. Il a critiqué sévèrement les syndicats français, dont la Confédération génerale du travail (GGT) stalinienne, Force Ouvrière (FO), et la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

« C'est très important ce que vous me dites là », a dit Karim. « A partir du moment ou tu vois la CGT, FO, CFTC, tout ça, ils te donnent l'impression – ce n'est pas une impression, pour moi c'est une vérité – ils ne travaillent pas ces gens-là, ils défendent leur intérêt à eux. Ils sont là, ils se promenent dans l'usine boire le café et tout ça, ils ne sont pas la pour nous défendre nous, ils sont la pour défendre le patron ».

Il a ajouté, « Tous les syndicats qu'il peut y avoir en France, ils sont là à Poissy, mais ils ne servent a rien. Il y en a six ou sept, mais ils servent a rien du tout. La preuve, c'est il y a trente ans quand j'ai commencé à travailler, s'il y avait un syndicaliste, il avait un nombre d'heures par semaine ou par mois pour aller défendre, voir, faire mais maintenant ils sont totalement libres. Ils ne travaillent pas ces gens-la, ça se voit qu'ils sont achetés par le patron ».