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Les vraies questions dans l’élection américaine de 2016

Par Patrick Martin
16 août 2016

A trois mois seulement de l’élection, les candidats démocrate et républicain, Hillary Clinton et Donald Trump, mènent les campagnes les plus droitières de l'histoire des États-Unis.

La semaine dernière, Trump et Clinton ont chacun fait ce que leurs campagnes respectives ont appelé de grands discours de politique économique. Ceux-ci n’allaient pas au-delà de la démagogie et des panacées droitières qui caractérisent la politique capitaliste américaine. Trump a appelé à encore plus de réductions d'impôts pour les riches. Clinton a appelé à continuer la politique d’un gouvernement Obama qui a supervisé la plus grande redistribution de richesse des travailleurs vers les riches de l'histoire américaine.

Un nouveau meurtre policier, samedi à Milwaukee, a provoqué une vague d'indignation et de troubles dans cette ville. Trump se fait le défenseur de la police contre toute critique des violences et des brutalités. Clinton en fait une question purement raciale, cachant le rôle de classe de la police comme première ligne de défense de la richesse de l'élite dirigeante capitaliste.

Quant à la menace croissante de guerre impérialiste, Trump devait parler lundi de ses plans pour le déploiement de plus de troupes et d'avions américains au Moyen-Orient. Clinton a mis l'accent dans sa campagne sur sa fiabilité en tant que « commandant en chef » agressif, attaquant Trump depuis la droite comme instrument du président russe Vladimir Poutine.

Clinton a été soutenue en cela par une intervention sans précédent de l'appareil militaire et de renseignement; des anciens généraux, amiraux et espions ont déclaré leur soutien à l'ancienne secrétaire d'Etat et se sont portés garants de ses capacités en tant que représentante fiable de l'Etat sécuritaire. Trois anciens chefs de la CIA , le républicain Michael Hayden, le démocrate Leon Panetta et le « non aligné » Michael Morell ont vanté ses qualités à la télévision nationale la semaine dernière .

De plus en plus d'anciens responsables républicains ont déclaré leur opposition à Trump et pour beaucoup, leur soutien à Clinton, citant le plus souvent son « expérience » en politique étrangère et ses vues bellicistes, rappelant son vote en 2002 pour la guerre en Irak.

Le système des deux partis contrôlés par le patronat présente au peuple américain le choix entre le milliardaire fascisant Trump, qui préconise une rafle massive des immigrés, une interdiction de l'entrée des musulmans dans le pays et un renforcement massif de l'armée américaine, et Clinton, la personnification de l'establishment politique et du statu quo capitaliste, avocate du militarisme et de la poussée à une guerre avec la Russie et la Chine, deux puissances nucléaires.

Il y a un vaste fossé, qui s’approfondit, entre l'ensemble du système politique et les sentiments de millions de travailleurs et de jeunes. Trump et Clinton sont les candidats présidentiels des grands partis les plus impopulaires de l'histoire moderne; Trump est jugé inacceptable par près de 70 pour cent de la population, tandis que la cote d'impopularité de Clinton dépasse les 55 pour cent. Comme la une du Washington Post l'a fait remarquer dimanche, pour les jeunes en particulier, le choix Clinton contre Trump « donne l'impression d’être une blague ».

Tout en exprimant leur révulsion pour Trump, des dizaines de jeunes électeurs interrogés pour l’article n'ont exprimé aucun enthousiasme pour Clinton, un développement que le Post a considéré « de mauvais augure ». Finies les illusions inspirées par la campagne d'Obama en 2008. Selon le Post, « la plupart des gens ont parlé d'elle et de Trump en mots caustiques et impitoyables: hyper méchant(e) ; le Mal ; caméléon ; raciste ; criminel(le) ; égocentrique; narcissique ; sociopathe ; menteur ; assassin menteur... effroyable ; malhonnête ; dégoûtant(e) ; dangereux(se) ; une catastrophe ». On n'a pas été précisé quel terme faisait référence à quel candidat, bien que la plupart puisse s’appliquer à l’un comme à l’autre.

Beaucoup de ces jeunes électeurs ont soutenu la campagne de Bernie Sanders ; pourtant sa soi-disant révolution politique s’est avérée être une fraude cynique, visant, comme le WSWS en a averti, à canaliser le sentiment oppositionnel vers l'impasse du Parti démocrate.

Un quart des jeunes électeurs ont répondu au sondage Post-ABC en disant qu'ils soutiendraient le candidat d’un troisième parti. Dans une étude distincte rapportée par USA Today, le soutien de Trump parmi les électeurs de moins de 35 ans se situait à seulement 20 pour cent, un niveau historiquement bas pour un candidat d’un des grands partis, alors qu’un plus grand nombre de jeunes électeurs envisagent de ne soutenir aucun parti ou un parti tiers plutôt que les républicains.

Les deux « partis tiers » officiellement reconnus, cependant, les Libertaires et le Parti vert, ne proposent aucune alternative aux démocrates et républicains. Les Libertaires prônent une version plus extrême du « marché libre » capitaliste que même celle des républicains. Les Verts eux, défendent le système capitaliste, combinant réformes mineures, nationalisme économique et appels réactionnaires à réduire la consommation. Où les Verts sont arrivés au pouvoir, ils ont toujours soutenu la guerre et l'austérité dirigée contre la classe ouvrière.

Une seule campagne propose une véritable alternative à la classe ouvrière et à la jeunesse: le Socialist Equality Party (Parti de l'égalité socialiste) et ses candidats, Jerry White à la présidence et Niles Niemuth à la vice-présidence. La campagne du SEP avance une perspective socialiste fondée sur trois principes fondamentaux:

1) Contre le militarisme américain! Arrêtez la marche à la troisième guerre mondiale!

Notre campagne rompt la conspiration du silence de Clinton, Trump, du gouvernement Obama et des médias capitalistes sur les plans de l'impérialisme américain pour la guerre. Des millions de personnes - en Irak, en Libye, en Syrie et en Afghanistan - ont été tuées, blessées ou transformées en réfugiés dans les guerres lancées par les Etats-Unis depuis 2001. Ces guerres régionales mènent à un conflit mondial, alors que Washington se prépare à affronter la Russie au Moyen-Orient et en Europe de l'Est, et la Chine en Extrême-Orient. La campagne du SEP vise à construire les bases d'un puissant mouvement international anti-guerre basé sur la classe ouvrière.

2) Il faut mettre fin à la pauvreté et aux inégalités sociales!

Le SEP lutte pour abolir un système où les super-riches exploitent le travail de milliards de travailleurs dans le monde entier. Nous appelons à une vaste redistribution de la richesse pour garantir les droits sociaux de base, y compris le droit à un emploi rémunéré décemment, une éducation de qualité, un logement abordable, des soins de santé universels, une retraite digne et l'accès à la culture. Le SEP avance un programme non pas de réforme du capitalisme, mais pour son abolition et son remplacement par le socialisme.

3) Défendez les droits démocratiques! Non à l'espionnage gouvernemental et à la violence policière!

La montée d’un état d’esprit anti-capitaliste aux États-Unis, comme l'a révélé le soutien de millions de travailleurs et de jeunes à la campagne de Bernie Sanders, a effrayé l'élite dirigeante américaine. Celle-ci intensifie ses préparatifs en vue d’une répression de masse de l' opposition sociale aux États-Unis tout en comptant sur ​​le Parti démocrate et ses apologistes de pseudo-gauche pour diviser les travailleurs selon les critères ethniques, de genre et d'orientation sexuelle.

Quoi qu'il arrive en novembre, la classe ouvrière est confrontée dans le monde entier à de graves dangers. Une nouvelle guerre pourrait éclater même avant les élections, comme le montrent les provocations cette semaine par le gouvernement ukrainien soutenu par les américains contre la Russie. L'économie mondiale est embourbée dans la crise; il y a des signes grandissants que la politique d'argent gratuit à l’infini des banques centrales s’est épuisée. Les travailleurs du monde entier commencent à se battre contre l'austérité et la pire inégalité sociale depuis la Grande Dépression.

Les luttes des travailleurs partout dans le monde doivent être unifiées et transformées en une lutte politique consciente pour renverser le système capitaliste et instaurer le socialisme - un système mondial de planification économique basé sur la satisfaction des besoins sociaux.

C’est dans le but de construire la direction politique nécessaire à cette lutte que le SEP présente ses candidats aux élections de 2016. Nous appelons tous nos lecteurs à nous rejoindre dans cette lutte. Pour lutter contre la guerre et la barbarie, contre l'inégalité et la dictature, prenez la décision de soutenir notre campagne et de rejoindre le SEP (Parti de l'égalité socialiste).

(Article paru en anglais le 15 août 2016)