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Il y a 50 ans: grandes grèves pour les salaires en Grande-Bretagne et en France

23 mai 2016
Charles de Gaulle

A minuit, le 16 mai 1966, 62500 marins britanniques, membres de la NUS (Union nationale des marins), se sont mis en grève pour la semaine de travail de 40 heures et l' augmentation des salaires. La grève paralysa pratiquement toutes les exportations et importations de la Grande-Bretagne et avait réalisé, dans les mots d’un commentateur hostile à la classe ouvrière, « ce que les sous-marins allemands n’avaient pu accomplir au cours de deux guerres mondiales, » paralyser la Royal Navy.

Les marins de la marine marchande britannique avaient un salaire de base de £27 seulement pour une semaine de travail de 56 heures. La grève se poursuivit jusqu’à la mi-juillet. Le mouvement vers une grève générale se développa à partir de la base, en opposition à la direction du syndicat national étroitement assimilée aux compagnies maritimes. Des comités de base furent organisés. Ceux-ci avaient déjà effectué des grèves sauvages en 1947, 1955 et 1960.

Le gouvernement travailliste de Harold Wilson accusa la NUS d'être noyautée par des «communistes» et insista pour dire que toute augmentation de salaire nuirait à son objectif d'inflation de 3,5 pour cent. Le Congrès des syndicats nationaux (TUC), tout en prétendant avoir de la sympathie pour la grève, refusa de mobiliser la classe ouvrière pour une grève générale qui aurait imposé une confrontation directe avec le gouvernement travailliste, soutenu par TUC.

Un jour plus tard, le 17 mai 1966, 7,5 millions de travailleurs français commençaient une grève de 24 heures pour des augmentations de salaires, en opposition à la politique salariale anti-inflationniste du président Charles de Gaulle. L'ensemble de l'économie française fut mis à l'arrêt par un mouvement annonçant puissamment la grève générale qui allait conduire la France au bord de la révolution en 1968.

Le syndicat dominant dans la grève, la CGT affiliée au Parti communiste, insista pour que la grève soit menée comme un mouvement «décentralisé» dans lequel les travailleurs locaux formuleraient leurs propres revendications. Il insista également pour que les membres de la base évitent un gauchisme excessif afin de ne pas «offenser les secteurs les moins militants de la classe ouvrière», selon l’expression d'un historien. Autrement dit, tous les efforts allaient être faits pour canaliser la grève et éviter une collision avec l'Etat gaulliste.