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Etudiants et lycéens mobilisés contre la loi El Khomri

Par Kumaran Ira et Anthony Torres
25 mars 2016

Des reporters du WSWS à Paris et à Marseille ont interviewé des jeunes mobilisés hier contre la loi El Khomri, qui saborde les protection qu'offre le Code du Travail aux salariés. Des étudiants et des lycéens ont exprimé leur colère contre la politique d'austérité du PS, les attaques contre les droits démocratiques, et les guerres de la France en Afrique et au Moyen Orient.

A la manifestation de jeunes à Paris, Margot et Lola ont dit qu'elles étaient mobilisées « contre cette loi qu’on essaie de nous imposer et que les jeunes eassaient d’empêcher. C’est déjà la merde aujourd’hui avec les conditions des jeunes, parce que ils sont exploités et super mal payés. Et si ça continue, ça va être encore pire et ce n’est pas possible d’accepter ça, pas aujourd’hui, quoi. Je pense que c’est bien de dire qu’on n’est pas contentes ».

Le WSWS a aussi recueilli les commentaires d'Elliott, un lycéen, alors que la manifestation de jeunes convergeait avec la manif syndicale. Il a expliqué qu'il s'oppose à la loi El Khomri parce qu'elle démantèle des acquis sociaux obtenus par les travailleurs au 20e siècle : « je pense que c’est un retour en arrière, et ça nous fait perdre les acquis sociaux pour lesquels nos grands-parents et nos parents ont combattu. Je n’ai pas envie que ce soit à eux de decider maintenant, l’avenir n’est pas aussi sombre qu’ils nous ont prédit ».

Elliot a critiqué l'idée avancée par le PS, selon laquelle plus de flexibilité créera des emplois, car les jeunes font déjà face au chômage et à la précarité : « Déjà, ça va être sur la précarisation de nos conditions de travail, déjà, quand on sait que 25 pour cent des jeunes sont au chômage. Je ne sais pas si de faciliter la licenciement c’est vraiment la solution pour faciliter l’embauche ».

Interrogé sur l'état d'urgence, il a dit que c'était une question compliquée dont parlaient les jeunes. « la menace terroriste, elle est là, mais on ne peut pas aussi sacrifier nos libertés sur l’autel de la sécurité. ... on est surveillé assez souvent ».

Anthony, un étudiant en droit à Cergy-Pontoise, a évoqué son opposition aux attaques plus larges contre les droits démocratiques en France.

Il a dit, « Aujourd’hui, on manifeste contre la loi El Khomri, mais c’est beaucoup plus large parce qu’aujourd’hui on est dans un contexte où les droits démocratiques sont en train d’être bafoués où on est sous l’état d’urgence où le gouvernement nous enferme de plus en plus et réduit nos libertés d’expression donc on est là, aujourd’hui pour toutes ces choses de ce système et on se bat contre ce système qui est établi aujourd’hui ».

A propos des guerres au Moyen Orient et des attentats terroristes à Paris et à Bruxelles, il s'est opposé à toute escalade militaire : « On a subi des attentats, mais on n’est pas en guerre et on ne devrait pas l’être. C’est notre situation géopolitique qui a fait qu’il y a eu ce genre d’attentat, mais ça ne nous concerne pas, nous, les jeunes. On ne veut pas de leur guerre ... je pense que si on arrête notre engagement en Syrie notamment, on pourra peut-être vivre un peu plus libres ».

Quand un reporter du WSWS lui a demandé s'il serait favorable à un retrait des troupes françaises de l'étranger, il a répondu : « Totalement. Totalement. Un retrait, une autre solution plus politique ou économique plutôt qu’un engagement militaire. On sait très bien qu’un engagement militaire aujourd’hui — bombarder des villes et des civils notamment ça ne fait que renflouer les troupes de l’État islamique ».

Sur la montée du FN, Anthony a dit que c'était le résultat de politiques réactionnaires menées par des partis politiques bourgeois de tous bords, dont le PS et Les Républicains (anciennement l'UMP).

Il a dit, « C’est la conséquence de 30 ans de politique, que ça soit de l’UMP ou du PS qui a fait que de plus en plus les citoyens se sont mis à se diviser — la politique sociale notamment — et aujourd’hui, la montée du Front National, ce n’est que la conséquence. On ne peut pas jeter la pierre aux gens qui vont voter pour le Front National, parce que c’est des gens qui sont désespérés pour la plupart. Donc, je condamne évidement cette montée, mais, en même temps je la comprends ».

Il a demandé aux jeunes et aux travailleurs qui liraient le WSWS de participer à la manifestation la semaine prochaine contre la Loi El Khomri.

A Marseille, les reporters du WSWS ont parlé aux jeunes mobilisés dans une manifestation qui regroupait des jeunes et des dockers. La manifestation a débuté devant la préfecture où des lycéens bloquaient les portes du bâtiment administratif.

Valentina, une lycéenne, a dit : « dans la loi, on nous prend pour des esclaves, ce n’est pas quelque chose qui me plaît. Il faut lutter contre ça. Je ne sais pas si on peut faire confiance aux syndicats, mais d’après moi il faut vraiment lutter tous ensemble pour être plus fort. Je pense que si on est assez nombreux on peut faire beaucoup de choses ».

Elle a ajouté, « c’est sûr qu’il faut un mouvement plus large, mais c’est ce que nous essayons de faire ».