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La police démantèle le camp de migrants place Stalingrad à Paris

Par Anthony Torres
3 novembre 2016

Quelques jours après le début du démantèlement de la jungle de Calais, les autorités françaises accélèrent leurs actions contre les migrants par la répression et l'intimidation policière.

Prétextant un « contrôle administratif », la police a lancé lundi une opération visant à vérifier « la situation administrative » (c’est-à-dire le droit au séjour) des occupants et l’état sanitaire du campement place Stalingrad composé de 2000 migrants soudanais, érythréens libyens et afghans. Deux cordons de CRS ont encerclé une centaine de migrants, une partie sous le métro aérien, à la station Jaurès, une autre au niveau du canal Saint-Martin où sont installés les Afghans.

Les associations affirment que ce camp a grossi ces derniers jours par des « reports depuis Calais où la « jungle » était démantelée ».

Des échanges tendus entre les forces de l'ordre et des migrants ont été relevés. Ces derniers affirment que la police a confisqué des documents administratifs permettant de demander le droit d'asile. Selon France Bleu, les CRS auraient emmené quelques migrants, probablement des personnes déjà déboutées de leur demande d'asile, qui pourraient rejoindre des centres de rétention administrative (CRA).

Une pelleteuse et des agents de propreté de la mairie de Paris ont aussi réalisé un "nettoyage" partiel du camp. De nombreux matelas, tentes et couvertures ont ainsi été déblayés. Après l'intervention de l'équipe de nettoyage, le camp de migrants s'est aussitôt reformé.

La maire de Paris Anne Hidalgo demande à l’État, « une mise à l'abri immédiate de tous ces migrants, car l'hébergement est une des compétences de l’État, la ville ne peut pas faire grand chose. Les températures baissent de plus en plus et ces conditions sanitaires sont indignes de la France ».

Un membre de l'entourage de la maire de Paris précise que l'évacuation et la mise à l'abri des migrants du camp de Stalingrad étaient un préalable à l'ouverture du camp humanitaire de 400 places, annoncé en juin par Anne Hidalgo.

La demande faite par la maire de Paris que l'Etat intervienne soutenir les migrants est tout simplement hypocrite. En donnant un contenu progressiste au démantèlement des camps et à la répression policière contre les migrants, qui soi-disant les mettrait à l'abri, Hidalgo couvre la politique réactionnaire de Hollande.

Les nationalités qui composent le camp de migrants de Stalingrad comme celui de Calais viennent de pays ravagés par les interventions militaires impérialistes, dont celles de la France, qui ont provoqué la mort de centaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d'autres fuyant les combats.

Le démantèlement du camp de Calais s'est fait malgré la solidarité des travailleurs et commerçants, montrant le gouffre qu'il existe entre la population et l'hostilité du PS envers les migrants. Des couches de la population s'organisent pour aider les réfugiés par l'intermédiaire des réseaux sociaux où dans les communes. A Moselle-et-Mandon, « On est prêt à les accueillir, tout le monde attend les migrants, les gens en parlent sans réactions hostiles », annonçait Filipe Pinho, qui préside un comité de pilotage.

Les migrants devront faire face à des conditions encore plus difficiles et incertaines une fois qu’ils seront dispersés dans des centaines de centres dans les villes et villages à travers la France.

Anne Hidalgo est membre du PS qui sous le quinquennat de Hollande a encouragé les guerres en Syrie, au Mali et en Centrafrique entre autres et qui dans le même temps mène une politique adoptant des positions d'extrême droite, dont l'état d'urgence et la déchéance de nationalité.

Selon un rapport de La Cimade, depuis le début du mandat de Hollande, 230.000 personnes étrangères ont été enfermés en vue de leur éloignement. Pour l'année 2015, 48.000 personnes ont été privées de liberté dont des enfants, personnes malades, demandeurs d’asile, femmes enceintes ou victimes de traite des êtres humains.

Alors que la majorité des migrants pourraient bénéficier d'une protection internationale, 1.100 personnes sont depuis octobre ont été acheminées de force pour être enfermées illégalement pendant plusieurs jours dans des centres de rétention très éloignés du Calaisis. En métropole, le nombre de familles avec enfants enfermés en rétention a doublé en 2015.

Toujours selon l'association, le gouvernement PS fait preuve d'atrocité et d'illégalité lorsque « La plupart des préfectures, comme par exemple celles de l’Oise, de la Somme ou des Ardennes, placent régulièrement en rétention des personnes se déclarant mineures sans même procéder à l’évaluation sociale de leur âge. Dans de telles situations, sauf à être contrainte par la justice, l’administration campe sur ses positions et refuse généralement tous les éléments de preuve de la minorité que les personnes retenues, avec l’aide des intervenants associatifs, présentent à leur attention. »

Le rapport de la Cimade poursuit : « Les préfectures établissent parfois la majorité par la réalisation d’un test osseux, test dont la fiabilité est pourtant constamment remise en cause. Sinon, les personnes sont tout simplement placées avec une date de naissance les déclarant majeures alors même qu’elles avaient revendiqué leur minorité. ... L’absence de lien avec la famille au pays rend la production de preuves d’autant plus compliquée. Lorsque de tels documents sont fournis, des préfectures refusent parfois de les prendre en considération, en violation de la législation, ou remettent en question dans certains cas leur authenticité de manière abusive. »

La politique anti-migrant de Hollande encourage une atmosphère nauséabonde encourageant des actions de forces néofascistes contre les migrants. Dans certaines villes où des centres pour migrants ont été brûlées, ou des groupes fascisants s'organisant en milice pour être « les yeux et les oreilles de la police ».

C'est le case à Bordeaux avec les Soldiers of Odin, qui s'inspirent des milices en Finlande et en Belgique qui répriment physiquement les migrants.