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« Jamais le danger d’une troisième guerre mondiale n’a été aussi grand qu’aujourd’hui »

Le candidat du PSG aux élections de Berlin s’exprime à la télévision allemande

Par nos correspondants
13 septembre 2016

« Nous sommes le parti à avoir placé le risque de guerre au cœur de sa campagne électorale. Le danger d’une troisième guerre mondiale n’a jamais été aussi grand qu’aujourd’hui. » Christoph Vandreier, le candidat du Partei für Soziale Gleichheit (Parti de l’égalité sociale, PSG) a débuté par ses mots son intervention jeudi soir à la chaîne de télévision publique régionale de Berlin, RBB.

Christoph Vandreier lors de l’interview sur RBB

Cette « ronde des petits partis » fait partie d’un certain nombre d’interventions et d’émissions qui sont diffusées à l’occasion des élections au sénat de Berlin du 18 septembre. Un total de 15 partis ne disposant pas encore de représentation parlementaire étaient présents et furent interrogés sur leur programme par les présentateurs Sabine Dahl et Sascha Hingst.

Selon la compagnie d’études de marchés GfK (Gesellschaft für Konsumforschung), l’émission, qui fut retransmise à Berlin et au Brandebourg et qui est disponible partout en Allemagne grâce au réseau câblé, a été regardée par des centaines de milliers de téléspectateurs.

Soixante-quinze ans après l’invasion de l’Union soviétique, des troupes allemandes sont une nouvelle fois stationnées à la frontière russe, a dit Vandreier en ajoutant, « Nous assistons actuellement à un encerclement systématique de la Russie et de la Chine. » La Syrie ressemble de plus en plus à une poudrière, « où un conflit majeur entre les principales puissances est susceptible d’éclater à tout moment. »

Christoph Vandreier a clairement mis en évidence que durant la campagne électorale au sénat de Berlin le PSG est le seul parti à attirer l’attention sur le danger de guerre et à mobiliser la classe ouvrière contre ce risque. « Nous luttons pour un mouvement par en-bas et uni, pour un mouvement international contre la guerre et le capitalisme, » a-t-il déclaré.

Les présentateurs ont insisté sur les questions locales en remarquant, « Ainsi, vous participez à l’élection à l’assemblée législative de Berlin, que comptez-vous réaliser ? Pensez-vous que le sénat de Berlin est en train de s’armer pour la guerre ? »

Dans sa réponse, Vandreier a fait référence à l’émission électorale diffusée par la même chaîne deux jours plus tôt lorsque les candidats tête de liste des partis dits principaux étaient interviewés. Il a dit, « Et bien, si l’on considère ce qui a été discuté mardi par les candidats tête de listes, ceux-ci ont surtout réclamé le renforcement de l’État sur le plan intérieur.

« Tous les partis s’étaient accordés à dire : nous avons besoin de plus de police, nous avons besoin de plus de surveillance et nous avons besoin d’un appareil d’État fort. Ceci n’a rien à voir avec la sécurité intérieure ou la lutte contre le terrorisme, mais plutôt avec la répression des manifestations sociales, du mécontentement social grandissant et de l’opposition au militarisme. »

Lorsque Vandreier précisa que ceci était très clair en France, « où l’état d’urgence n’empêchait pas le terrorisme, mais servait au contraire à cibler les travailleurs en grève et les manifestants, » il y eut des applaudissements sonores dans la salle.

Le candidat du PSG, Christoph Vandreier

Ici à Berlin, nous vivons de près comment le retour au militarisme allemand et le déclin social affectent la vie au quotidien, » a-t-il poursuivi. L’on voit tous les jours comment les jeunes gens courent d’un emploi à l’autre juste pour joindre les deux bouts. Berlin est la « capitale de la pauvreté ». La pauvreté infantile est bien plus grande à Berlin que dans n’importe quel autre Land allemand.

« Cette situation a été imposée comme partie intégrante d’une offensive internationale visant la destruction des conditions sociales de la population ouvrière, » a-t-il dit. « Cette situation n’existe pas qu’en Grèce ou en Espagne, mais aussi ici à Berlin. »

La présentatrice l’interrompit une fois de plus pour lui demander, « Lorsque vous dites que Berlin est particulièrement pauvre par rapport à la moyenne fédérale, que fera le PSG pour que les Berlinois puissent aussi payer leur loyer à l’avenir ? »

Vandreier a répondu que la misère sociale était la conséquence directe d’une politique de redistribution du bas vers le haut qui a lieu depuis des années. « De vastes pans des sociétés de construction de logements à loyer modéré ont été privatisés et bien d’autres choses encore. Les riches ont été gratifiés de cadeaux à hauteur de plusieurs milliards. C’est précisément là que pour la première fois en Allemagne une banque – la Bankgesellschaft Berlin [banque semi-publique du Land] – fut ‘'sauvée’' aux dépens de la population. Ceci s’inscrit dans le cadre d’un processus international qui est étroitement lié à la course à la guerre. »

Vandreier a expliqué que le danger de guerre viens de la crise historique du capitalisme qui a déjà mené à deux guerres impérialistes au 20e siècle.

Quatre minutes plus tard la présentatrice tenta un dernier contre-argument en disant, « Mais vous pouvez voir vous-même que partout dans le monde le communisme est en train de battre en retraite. N’êtes-vous pas en train de chevaucher un cheval mort ? ».

Un peu plus tôt, la présentatrice avait parlé du Parti communiste allemand (DKP) stalinien qui participe aussi aux élections pour le sénat de Berlin. Vandreier, en se référant au DKP, a remarqué : « Le DKP défend les vieux bureaucrates staliniens qui ont gouverné en RDA [République démocratique allemande] et financé le DKP. Nous défendons les principes socialistes authentiques c’est-à-dire : un système économique qui est organisé démocratiquement et où la course au profit n’est pas la préoccupation première. Et ces principes socialistes authentiques qui n’ont rien à voir avec la RDA sont aujourd’hui plus pertinents que jamais ».

Vers la fin, Sabine Dahl, tenta de recourir au Premier ministre grec prétendument socialiste, Alexis Tsipras, comme témoin principal contre une politique socialiste. Vandreier répliqua « Nous avons dit dès le début, que Syriza et Tsipras n’avaient rien à voir avec le socialisme et qu’ils appliqueraient cette politique d’austérité. Je conseillerais à tout le monde de consulter le World Socialist Web Site pour s’informer plus amplement sur cette question. »

L’interview avec le représentant du PSG se déroula en fin d’émission. Après une série de discussions avec divers partis de droite, conservateurs, ésotériques et religieux, l’intervention du PSG eut un impact stimulant et sérieux. Elle montra qu’il existe un parti qui s’oppose au complot de guerre, qui ne sera pas intimidé et qui associe la lutte contre la guerre à la lutte contre le capitalisme.

De plus, l’émission donna un aperçu de l’évolution droitière des journalistes impliqués. Sascha Hingst en particulier qui fut le deuxième présentateur aux côtés de Sabine Dahl, s’est adressé avec une arrogance et un cynisme non dissimulés à certains des représentants des partis. Lorsque le représentant du Parti de la Recherche en santé et du traitement des maladies de la vieillesse expliqua faire campagne en faveur de la recherche pour l’amélioration du traitement médical des personnes âgées, Hingst lui demanda s’il avait réfléchi à ce que ceci coûterait et si un plus grand vieillissement de la société était vraiment abordable et souhaitable.

Un extrait de l’émission (en allemand) est disponible sur la page RBB-Facebook-Seite. L’intervention du PSG démarre à la minute 14 :15.

(Article original paru le 12 septembre 2016)