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Le gouvernement des États-Unis et les médias accentuent les menaces contre la Corée du Nord

Par Mike Head
22 avril 2017

L’administration Trump et les médias capitalistes américains continuent d’augmenter la pression sur la Corée du Nord et la Chine au sujet des essais de missiles et d’armes nucléaires du régime de Pyongyang, alimentant ainsi une confrontation extrêmement tendue et augmentant le danger d’une guerre nucléaire dévastatrice.

Le soir de jeudi, NBC a annoncé que les États-Unis prenaient des mesures actives pour se préparer à la possibilité d’un essai nucléaire effectué par la Corée du Nord, y compris le déploiement d’avions espions U-2, de drones et d’avions spéciaux « renifleurs » capables de détecter des indices d’une explosion nucléaire.

Deux responsables du renseignement américain ont déclaré à NBC News que la Corée du Nord était en mesure de procéder à un essai nucléaire. « Nous nous attendons à ce qu’ils puissent le faire à tout moment, sans aucun avertissement réel », a déclaré un responsable. « Ils s’engagent dans des préparatifs soutenus ».

Lors d’une conférence de presse jeudi avec le Premier ministre italien Paolo Gentiloni, le président américain Donald Trump a qualifié la Corée du Nord de « menace » et a suggéré que la Chine agisse contre la Corée du Nord.

« En ce qui concerne la Corée du Nord, nous sommes en très bonne forme », a déclaré Trump. « Je respecte beaucoup [le président Xi Jinping], et je pense qu’il travaille très dur […] Des actions très inhabituelles ont été faites au cours des deux ou trois dernières heures et j’ai vraiment confiance que le président va essayer très fort. »

Comme d’habitude, Trump n’a pas élaboré. Son gouvernement applique une pression implacable sur Pékin, y compris des menaces de frappes militaires contre la Corée du Nord qui pourraient amorcer une guerre à grande échelle sur la frontière chinoise, afin de forcer Pyongyang à s’incliner devant les demandes de Washington de démanteler ses capacités nucléaires et antimissiles. Trump a déclaré que si la Chine ne peut pas « régler la Corée du Nord », les États-Unis sont prêts à y aller seul, avec « toutes les options sur la table. »

L’ultimatum de Washington est souligné par la tournée actuelle du vice-président Mike Pence en Asie et en Australie, renforcée par les frappes de missiles de croisière américaines de ce mois en Syrie et son utilisation de la bombe massive MOAB en Afghanistan. En Corée du Sud, Pence a cité les attentats américains en Syrie et en Afghanistan, avertissant la Corée du Nord de ne pas mettre à l’épreuve la « détermination » de l’Amérique.

Le porte-avion USS Carl Vinson et ses destroyers et croiseurs lanceurs de missiles guidés que Trump a précédemment déclaré faire partie d’une « armada » en route vers la Corée doivent arriver lors des éventuels essais nord-coréens marquant la Journée de la Fondation Militaire le 25 avril.

Les dangers du déclenchement d’une guerre nucléaire qui pourrait entraîner la Chine et la Russie ont été révélés par des reportages de Reuters selon lesquels la Russie déploierait de lourds équipements militaires vers sa frontière avec la Corée du Nord.

Selon Reuters, les résidents et les médias locaux de l’Extrême-Orient de la Russie ont signalé de grands convois militaires roulant en direction de la frontière depuis le week-end, ce qui semblait faire partie d’un plan d’urgence pour une éventuelle guerre qui pourrait menacer directement la population et les intérêts stratégiques de la Russie.

Un porte-parole de l’armée russe a déclaré que cette intense activité militaire faisait partie d’exercices « de routine », mais les reportages mettent en évidence la vulnérabilité de la Russie, ainsi que celle de la Chine, à tout conflit impliquant des armes nucléaires dans la péninsule coréenne.

Vladivostok, une ville de 600 000 habitants et la base de la flotte du Pacifique russe, se trouve à seulement 160 kilomètres de la frontière nord-coréenne, il y a également l’un des sites d’essais nucléaires de Pyongyang à proximité de la frontière. Les retombées des radiations d’une explosion nucléaire sur le site ou une tentative de représailles par la Corée du Nord contre une attaque américaine pourraient mettre en danger la ville.

Ces développements démontrent le risque que des erreurs de calcul ou des interprétations erronées des mouvements militaires puissent déclencher un conflit susceptible de mettre en danger la vie de millions de personnes. Le gouvernement Trump a délibérément ajouté de l’incertitude à la crise en laissant fuiter aux médias que ses « options » incluent un retour des armes nucléaires américaines en Corée du Sud, des sabotages par des forces spéciales américaines en Corée du Nord et des « frappes de décapitation » afin de tuer les dirigeants nord-coréens.

Les autorités sud-coréennes, qui sont en proie à une campagne électorale présidentielle explosive, ont ajouté aux tensions hier. Quelques jours seulement après que Pence a visité le pays, le président sud-coréen par intérim, Hwang Kyo-ahn, a convoqué une réunion de hauts fonctionnaires, où il a demandé à maintes reprises aux militaires et aux ministères chargés de la sécurité de rester vigilants.

En même temps, le ministère de la Défense à Séoul a signalé l’exercice actuel de grande envergure des forces aériennes américaines et sud-coréennes, nommé Max Thunder. « Nous menons un exercice en conditions réelles plus intensif que jamais », a déclaré aux journalistes le pilote et colonel sud-coréen Lee Bum-chul. « Grâce à cet exercice, je suis sûr que nous pouvons dissuader la guerre et supprimer l’intention de notre ennemi de nous provoquer. »

Le régime nord-coréen a recours à des menaces glaçantes, évidemment dans le but de dissuader une attaque américaine. Le Rodong Sinmun, journal officiel du Parti ouvrier du Nord, a déclaré jeudi dans un éditorial : « Dans le cas de notre super-puissante frappe préventive, elle éliminera complètement et immédiatement les forces d’invasion des impérialistes américains en Corée du Sud et dans ses environs, mais aussi le continent américain et les réduira en cendres ». Une telle rhétorique ne sert qu’à faire le jeu de l’élite dirigeante américaine et diviser les travailleurs nord-coréens de leurs frères et sœurs du Sud et de l’Amérique.

Les dirigeants chinois émettent désespérément des avertissements sur le danger de guerre et font appel au gouvernement Trump pour qu’il accepte un compromis. Un commentaire dans le People's Daily de jeudi a souligné les conséquences possibles d’une frappe préventive par les États-Unis, affirmant qu’il n’y avait « aucune garantie » que « la frappe présumée des États-Unis soit suffisamment précise pour éliminer toutes les installations nucléaires en RPDC avant que Pyongyang ne lance une attaque nucléaire en représailles. »

Le commentaire se poursuit : « Si cela se produit, la RPDC n’attendra pas pour déclencher ses missiles nucléaires, et des milliers d’obusiers et de lance-roquettes déployés le long du 38 parallèle, la ligne de démarcation militaire en République de Corée. Aucun système de défense, y compris le système anti-missile américain THAAD, ne pourra protéger d’un tel bombardement d’obus d’artillerie. Et les missiles de Pyongyang pourraient détruire Séoul et même frapper le Japon. »

Ce commentaire a incité les États-Unis à envisager une proposition chinoise pour « suspendre les hostilités ». En première étape, le Nord gèlerait son programme nucléaire si, en échange, les États-Unis arrêtaient leurs exercices militaires avec le Sud.

Un autre commentaire du People’s Daily a relayé le plaidoyer plus large de la bureaucratie chinoise pour un partenariat avec Washington. « La Chine n’a pas l’intention de rivaliser avec les États-Unis pour le statut de “superpuissance supérieure” », a-t-il déclaré, appelant à une « coopération gagnant-gagnant ».

Washington, cependant, a rejeté toute suggestion de reprendre des pourparlers avec Pyongyang, affirmant que le temps de la « patience stratégique » est terminé. Le programme de « l’Amérique d’abord » du gouvernement Trump est là pour réaffirmer à tout prix l’hégémonie mondiale et économique américaine.

(Article paru en anglais le 21 avril 2017)