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Des centaines de milliers de manifestants dans le monde entier pour défendre la science

Par Patrick Martin
25 avril 2017

Plusieurs centaines de milliers de personnes ont participé à des manifestations dans le monde entier à l’appui de la Marche pour la Science, qui s’est tenue à Washington, samedi. Les manifestations ont été organisées en réaction aux efforts déployés par le gouvernement Trump entrant pour supprimer la recherche scientifique, en particulier dans le domaine du changement climatique, et pour réduire les dépenses dans un large éventail de recherches scientifiques, du réchauffement climatique aux remèdes contre des maladies.

Des dizaines de milliers de gens ont participé à des manifestations le 22 avril qui ont débuté avec la nouvelle journée en Nouvelle-Zélande et en Australie et ont continué en Asie, en Europe, en Amérique latine et à des centaines d’endroits aux États-Unis. Des manifestations ont eu lieu sur tous les continents habités et même en Antarctique, où des chercheurs ont publié des déclarations de soutien sur Internet.

De loin, la participation principale aux manifestations était aux États-Unis. La plus grande manifestation, sous une pluie constante, a amené environ 75 000 personnes à Washington, DC, où elles se sont rassemblées sur le terrain du Monument de Washington, en vue de la Maison Blanche, ont écouté des discours de scientifiques et de militants de l’environnement pendant plusieurs heures, puis ont descendu la Constitution Avenue vers le Capitole des États-Unis.

Plus de 50 000 personnes ont défilé à Chicago. La manifestation y a traversé le Grant Park, se terminant à l’extérieur du Field Museum of Natural History, où une exposition scientifique a eu lieu.

Étudiants et lycéens, enseignants, scientifiques, professionnels et familles entières ont voyagé depuis tout l’Illinois et les états environnants, des centaines de kilomètres, pour se joindre à la manifestation. Beaucoup brandissaient des pancartes et scandaient des slogans défendant la science, la raison et le progrès social. D’autres étaient ouvertement politiques, dénonçant la guerre et la destruction de l’environnement par les grandes entreprises, ou demandant la démission du président Donald Trump.

Dans la ville de New York, environ 30 000 personnes ont marché le long de Broadway, passant devant le Trump International Hotel et la Trump Tower près de Central Park, où ils ont commencé à scander des demandes pour l’éviction de Trump de la Maison Blanche. Il y avait de nombreux scientifiques portant une blouse blanche, et les orateurs ont dénoncé les coupes budgétaires dans les Instituts nationaux de la santé et dans l’Agence de protection de l’environnement.

Plusieurs milliers de personnes de la région de Boston et de toute la Nouvelle-Angleterre se sont rassemblées sur Boston Common. Des scientifiques, des chercheurs et des étudiants de Harvard, du MIT (Massachusetts Institute of Technology), du Massachusetts General Hospital et du Dana-Farber Cancer Institute et de nombreuses autres écoles et institutions ont exprimé leur soutien à la science face au déni du changement climatique et aux compressions budgétaires fédérales prévues.

Il y a eu de grandes manifestations dans les principales villes californiennes, où 15 000 à 20 000 manifestants ont participé à San Diego, à Los Angeles, à San Francisco et à Sacramento, et des dizaines de petites marches ont eu lieu dans tout l’État.

Pratiquement toutes les grandes villes américaines ont vu une manifestation considérable, ainsi que la plupart des villes universitaires, y compris certaines aussi petites que Valdosta, en Géorgie, population 56 000 habitants, où se trouve une université publique.

Des membres du Parti de l’égalité socialiste (PES)et d’autres partisans du World Socialist Web Site ont participé à la manifestation principale à Washington, DC, où ils ont distribué des milliers d’exemplaires de la perspective du WSWS La Science et le socialisme, expliquant la politique du PES de faire une défense politique par la mobilisation de la classe ouvrière contre le gouvernement Trump et le Parti démocrate, et contre le système capitaliste dans son ensemble.

Lors de nombreux rassemblements, une nette différence était évidente entre les discours prononcés, généralement d’un caractère bien intentionné, pro-science, mais sans aucune perspective politique, et les sentiments de nombreux participants, qui étaient extrêmement hostiles à Trump et réceptifs à l’appel lancé dans la déclaration du PES pour une lutte politique contre le capitalisme et la guerre.

C’est le cas du rassemblement principal à Washington, où des discours ont été prononcés par des scientifiques qui ont accompli des actes de service public remarquables, comme la docteur Mona Hanna-Attisha, qui a aidé à révéler l’empoisonnement au plomb chez les enfants de Flint, dans le Michigan, dû à la mauvaise gestion criminelle de l’approvisionnement en eau par la ville et le gouvernement de l’État. Des défenseurs bien connus de l’éducation scientifique, comme Bill Nye, ancien animateur du programme scientifique pour enfants de PBS (Public Broadcasting Service, réseau public américain de télévision) ont également pris la parole.

Bien que les intervenants aient fait des références occasionnelles à Trump, avec la Maison-Blanche visible depuis la plate-forme, aucune perspective n’a été présentée sur la façon dont les politiques de Trump pourraient être contrées, encore moins sur quelle force sociale cette opposition devrait s’appuyer. L’implication – exprimée le plus clairement par la décision de marcher le long de Constitution Avenue au Capitole des États-Unis – était de faire appel au Congrès et au Parti démocrate pour contenir les pires décisions et coupes effectuées par l’administration Trump.

Beaucoup des manifestants à Washington, cependant, n’avaient aucun doute qu’il fallait tout faire pour construire un mouvement politique contre Trump et ils ont discuté de la critique du Parti démocrate faite par le PES : c’est le deuxième parti du grand patronat américain, tout aussi responsable que Trump et les républicains du programme de guerre impérialiste, d’attaques contre les droits démocratiques et de réduction des dépenses sociales.