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Un quotidien allemand réagit à la décision du tribunal dans l’affaire Baberowski en lançant une campagne contre l’IYSSE

Par le Sozialistische Gleichheitspartei
30 mars 2017

Lundi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) a publié à la Une de son supplément littéraire, une attaque hystérique visant le Sozialistische Gleichheitspartei (Parti de l’égalité socialiste, SGP), son organisation de jeunesse, les Étudiants et Jeunes internationalistes pour l’égalité sociale (IYSSE) ainsi que le World Socialist Web Site. Le FAZ a réagi à une décision rendue le 15 mars par le tribunal (Landgericht) de Cologne, qui a statué que le Comité général des étudiants (Asta) de l’Université de Brême était autorisé à qualifier Jörg Baberowski, professeur de l’Université Humboldt, d’« extrémiste de droite ».

Dans un article intitulé « Le poison insidieux de la diffamation » de Heike Schmoll, les mensonges éhontés et les diffamations se succèdent les uns après les autres. Schmoll, qui a fait des études en théologie, a publié en 2008 le livre, Lob der Elite, warum wir sie brauchen (L’éloge aux élites : pourquoi nous avons besoin d’elles). Son article dans le FAZ ressemble en contenu, style et diction aux théories du complot que l’on trouve habituellement dans les journaux d’extrême-droite. Elle ment sans scrupules sans présenter la moindre preuve de ses accusations et sans même avoir cherché, comme le ferait tout journaliste honorable, à contacter l’IYSSE ou le SGP, qui sont la cible de sa tirade.

L’arrêt rendu par le tribunal dans l’affaire Baberowski a manifestement été un coup dur pour le FAZ. Le quotidien conservateur avait publié l’article du professeur de l’université Humboldt que les juges de Cologne ont jugé être un « fait suffisant » pour la qualification d’« extrémiste de droite ». Le journal avait pris la défense de Baberowski avec véhémence face aux critiques en publiant à de nombreuses autres occasions ses vues de droite. L’article de Schmoll a un but bien précis : il vise à intimider et à criminaliser toute critique de positions d’extrême-droite.

Le tribunal de Cologne n’a fait que confirmer ce que non seulement les critiques de Baberowski, mais aussi ses apologistes, savent depuis un certain temps. Alors que ses livres ne jouissent d’aucune reconnaissance dans les milieux académiques internationaux, l’ultra-droite américaine a apprécié ses attaques à l’encontre des réfugiés. Le site web de l’Alt-Right Breitbart News, tout comme le fasciste Daily Stormer, ont pris note avec satisfaction du professeur de Humboldt. Et, après l’arrêt du tribunal de Cologne, toute la fine fleur des milieux d’extrême droite allemand s’est solidarisée avec Baberowski : le magazine Junge Freiheit, le magazine Compact, le blog Politically Incorrect le politicien du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), Bernd Höcke Alternative for Germany (AfD).

Dans son article paru dans le FAZ, Schmoll a tenté de présenter Baberowski comme la victime d’une campagne constituant une menace pour « l’université en tant que lieu de débats et d’échanges, de discussions scientifiques, d’expériences de pensée intellectuelle et de la liberté de parole exempte de censure. » Elle poursuit en disant « la liberté tant invoquée des sciences qui est garantie dans la Loi fondamentale, semble somme toute n’exister que sur le papier. »

Schmoll accuse l’IYSSE d’employer une « censure stricte » contre Baberowski et le politologue Herfried Münkler et d’empêcher « radicalement le libre débat d’idées ». Enfin, elle attribue à l’organisation de jeunesse trotskyste la responsabilité d’une « pression conformiste » qui serait exercée depuis l’école maternelle jusqu’au lycée et à l’université.

Tout cela c’est mettre la réalité cul par-dessus tête. Pour Schmoll, la « liberté des sciences » ne s’applique qu’aux positions d’extrême droite et au militarisme. Elle condamne la critique de ces positions comme étant une censure et la distribution de tracts comme une atteinte à la liberté d’opinion. Il convient de relever qu’elle ne fait référence à aucune des déclarations controversées de Baberowski. Après tout, il serait difficile de justifier publiquement des déclarations telles que « Hitler n’était pas cruel », ou sur la guerre d’anéantissement qui aurait été « imposée » par Staline à la Wehrmacht, ou les réfugiés qui seraient une menace pour les « fondements de la société ». Ou bien encore le postulat de Münkler comme quoi l’Allemagne, en tant que « puissance au centre » de l’Europe, devrait assumer le rôle de« puissance hégémonique » et de « maître de discipline. »

Au lieu de cela, Schmoll recourt à des mensonges flagrants afin d’étayer ses affirmations absurdes.

Elle affirme, par exemple, que l’IYSSE a perturbé les cours de Baberowski en empêchant les étudiants de « l’écouter ». Le groupe étudiant aurait également traqué dans sa vie privée le « populaire » professeur « à la manière des paparazzi ». En réalité, ni l’IYSSE ni aucun de ses membres n’a jamais perturbé une conférence de Baberowski ou empêché les étudiants d’y aller. Et encore moins l’ont-ils harcelé dans sa vie privée. Les assertions de Schmoll sont carrément des mensonges sans aucun fondement réel.

Baberowski par contre est tristement connu pour faire expulser hors de ses réunions quiconque critique ses positions de droite en supprimant toute discussion et en essayant de faire taire les étudiants qui sont critiques à son égard.

Lorsque l’IYSSE avait annoncé il y a trois ans son intention d’assister à un colloque public avec le biographe discrédité de Trotsky, Robert Service, en lui soumettant neuf questions critiques, Baberowski changea secrètement le lieu de l’événement, mobilisa des agents de sécurité pour empêcher les étudiants et les professeurs critiques à son égard d’y assister, en interdisant que des questions soient posées lors de la réunion.

Baberowski a demandé à maintes reprises à la direction de l’université de refuser des salles de réunion à l’IYSSE qui est représentée au parlement des étudiants avec quatre sièges. Il a décrit des étudiants de son propre institut comme une « horde odieuse » et des « fascistes en tunique rouge » parce qu’ils distribuaient des tracts de l’IYSSE. Baberowski a ensuite poursuivi en justice l’Asta de l’université de Brême pour empêcher que ces déclarations ne soient citées et critiquées.

Pour discréditer l’IYSSE, Schmoll présente la fable de l’or américain. Elle affirme que l’IYSSE dispose « de ressources financières substantielles en provenance des États-Unis ». De plus, l’organe du SGP, l’édition allemande du World Socialist Web Site, est exploitée à partir de serveurs américains, n’étant donc « pas régi par le droit allemand de la presse ».

Les deux déclarations sont totalement fausses. Ni l’IYSSE ni le SGP – contrairement à de nombreux universitaires et journalistes allemands – ne reçoivent de l’argent des États-Unis. Le World Socialist Web Site a un impressum déposé en Allemagne indiquant l’hébergeur, les mentions légales et obligatoires, l’adresse de domiciliation et le responsable de la rédaction. Il existe sous chaque article un lien renvoyant à la page du copyright.

Schmoll est particulièrement scandalisée que l’IYSSE ait pris les élections parlementaires des étudiants au sérieux, qu’elle ait mené une campagne au moyen de tracts s’opposant au militarisme et à la montée de la droite, et d’avoir obtenu un soutien sur cette base. « Le petit groupe s’arroge le droit de décider de la vérité historique », remarque-t-elle à propos de cet exercice de ses droits démocratiques.

Finalement, Schmoll fait apparaître les protestations de l’Asta de Brême contre la présence de Baberowski à son université comme ayant été causées par l’intervention de l’IYSSE. « Les représentants de l’IYSSE avaient préalablement contacté en temps utile l’Asta de l’Université de Brême qui a ensuite empêché à tout prix que le professeur « d’extrême-droite » de Berlin de s’exprimer à Brême. »

C’est aussi un mensonge dont Schmoll ne peut fournir la preuve. L’IYSSE n’a eu aucun contact avec l’Asta de Brême en amont de cette réunion. Schmoll invente une telle réunion dans le but de diffamer l’opposition croissante contre des professeurs d’extrême-droite parmi les étudiants. Quiconque, comme l’IYSSE, attaque ces positions de droite doit être réduit au silence et dénoncé par une sale campagne mensongère. Un article paru précédemment le 21 mars dans le FAZ a même faussement affirmé qu’il y avait eu à Brême des « échauffourées » visant Baberowski.

Alors que Schmoll a recourt aux mensonges en pontifiant à propos de « grandes figures » qui seraient uniformisées par le « collectif social », elle ne prend même pas la peine de mentionner le conflit qui a d’abord eu lieu à l’Université Humboldt et qui se déroule entre-temps dans de nombreuses autres universités.

Baberowski n’est pas un honorable professeur ou une « grande figure » qui pour des raisons inexplicables se trouverait qualifiée d’« extrémiste de droite », c’est un idéologue de droite. Il est régulièrement l’invité de talk-shows, il accorde des entretiens publics et publie des articles dans la presse quotidienne. Il rédige une chronique régulière pour le Basler Zeitung, qui fait partie de l’empire médiatique de l’extrémiste de droite suisse Christoph Blocher.

Et cela a également été confirmé par le tribunal de Cologne. Le parquet a déclaré que Baberowski avait « sciemment décidé de s’exprimer en public d’une manière qui n’est mesurée et contrôlée, mais d’une manière qui […] est généralement considérée comme provocatrice. »

Le jugement est d’autant plus dévastateur que Baberowski, dans le but de faire taire ses critiques, avait porté l’affaire devant un tribunal qui est considéré par les journalistes comme « le plus sévère du pays » (Spiegel Online). Toutefois, même ce tribunal n’a rien pu faire d’autre que de permettre l’emploi de l’appellation extrémiste de droite.

Le SGP et l’IYSSE ne se laisseront pas intimider par la campagne de dénigrement menée par le FAZ. Baberowski a été exposé comme un idéologue de droite et un va-t-en-guerre, et les mensonges de Schmoll n’y changeront rien.

(Article original paru le 29 mars 2017)