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Le New York Times fait état des accusations de censure et de liste noire du WSWS contre Google

Par Andre Damon
3 octobre 2017

La censure par Google et la mise du « World Socialist Web Site », ainsi que d’autres sites Web de gauche et anti-guerre sur la liste noire de Google ont fait l’objet d’un long article publié par le New York Times le 27 septembre. Intitulé « Google en tant qu’agent de la circulation », il a été placé en bonne place sur la première page de l’édition imprimée de sa section Business et publiée sur le site web du journal.

Écrit par le journaliste du Times, Daisuke Wakabayashi, qui se spécialise dans les questions liées à la technologie, l’article commence : « Lorsque David North, le président du comité de rédaction du World Socialist Web Site, a remarqué une baisse du trafic du site en avril, il l’a attribuée initialement à l’usure des nouvelles sur le président Trump ou bien à un changement dans la conscience politique. »

« Toutefois, quand il a creusé dans les chiffres, a dit M. North, il a trouvé une explication plus claire : Google avait arrêté de rediriger des requêtes de recherche vers le site. Il a découvert que les termes de recherche les plus importants qui ont amené les gens sur le World Socialist Web Site ne renvoient plus du tout vers le site. »

« Ce n’est pas un accident », a déclaré M. North. « c’est une forme d’intervention délibérée. »

La première page du reportage du New York Times

M. Wakabayashi a initialement contacté le WSWS quelques jours après la publication le 25 août de la lettre ouverte du M. North au PDG de Google et à d’autres dirigeants de cette société de premier plan. La lettre, qui comprenait des données détaillées prouvant que Google cherchait à exclure le WSWS et d’autres sites de gauche des résultats de recherche, a exigé la fin de la censure et de la liste noire.

Si le Times a publié des reportages selon lesquels Google avait limité l’accès aux sites d’extrême droite, l’article de M. Wakabayashi est le premier article important dans la presse américaine sur la censure des sites de gauche par une grande entreprise.

L’étude par le WSWS a révélé que le trafic de recherche vers 13 sites de gauche, anti-guerre et progressistes a chuté de 55 pour cent depuis que Google a annoncé des changements en avril dernier à son algorithme de recherche.

Après la discussion initiale de North avec Wakabayashi, le WSWS a fourni au journaliste du Times des données détaillées soutenant sa prétention que la chute spectaculaire du trafic de recherche provenant de Google était attribuable à une baisse de la position des articles par le WSWS dans les résultats de recherche.

À la fin de septembre, peu avant la publication de l’article, Wakabayashi a eu une deuxième entrevue avec North.

L’article a précisément rapporté les résultats du WSWS.

« À la mi-avril, une recherche sur Google pour « socialisme contre capitalisme » ramenait l’un des liens du site sur la première page des résultats, mais, en août, cette même recherche ne comportait aucun de ses liens. Le site a déclaré que 145 des 150 meilleurs termes de recherche qui avaient redirigé des personnes sur le site en avril sont maintenant dépourvus de ses liens. »

Dans son entretien avec Wakabayashi, North a incité le journaliste du Times à demander à Google de présenter une réponse fondée sur les faits à l’analyse du WSWS :

« Ils devraient être invités à expliquer comment ils font », explique le Times. « S’ils disent que [Google] ne fait rien, ce n’est tout simplement pas crédible ».

Le journaliste du Times a tenté d’obtenir une réponse de Google, mais n’a reçu aucune réponse. « Google a refusé de commenter sur le World Socialist Web Site », rapporte l’article.

Le silence total de Google équivaut à une admission de culpabilité.

L’article de Wakabayashi faisait également référence à l’accusation de la lettre ouverte selon laquelle Google cherchait à favoriser les sites de l’élite dirigeante.

« M. North a fait valoir que la diminution du trafic est le résultat du fait que Google redirige les utilisateurs vers les organismes d’information traditionnels, y compris le New York Times. Le World Socialist Web Site a affirmé que le trafic en provenance des moteurs de recherche avait chuté depuis avril pour diverses autres publications de gauche, progressistes, socialistes ou anti-guerre comme AlterNet et Consortiumnews. »

Au cours du mois où il a fait des recherches pour son article, M. Wakabayashi n’a apparemment découvert aucune preuve réfutant les revendications de la censure de Google. Au lieu de cela, ses propres recherches ont permis de confirmer les résultats du WSWS.

Par exemple, le New York Times a constaté que, tandis que le trafic provenant des moteurs de recherche vers le WSWS avait baissé, le trafic accédant au site directement avait augmenté.

« Je suis contre la censure sous toutes ses formes », a déclaré North au Times. « Il appartient aux gens de savoir ce qu’ils veulent lire. Cela ne s’arrêtera pas au World Socialist Web Site. Ça va se développer et se propager. »

La publication par le Times de ce rapport sur les efforts de Google pour imposer la censure et une liste noire au World Socialist Web Site et à d’autres sites de gauche est un développement important politiquement.

En réaction à l’article du Times, David North a publié la déclaration suivante :

« La révélation par le WSWS de l’attaque de Google sur les droits démocratiques est largement suivie et a un impact important. L’article qui a paru dans le Times fut préparé pendant un mois. Ses propres recherches ont confirmé que le trafic vers le WSWS a chuté de façon spectaculaire. Lorsque le Times lui a demandé de répondre à nos allégations, Google a choisi de faire la sourde oreille à son journaliste. Si Google avait pu réfuter le WSWS, il en aurait fourni la preuve à M. Wakabayashi. Il ne l’a pas fait parce que nos accusations sont vraies. Google est engagé dans un complot pour censurer Internet. »

« L’effort de Google échouera. La conscience que les droits démocratiques fondamentaux sont attaqués se développe rapidement. Google se discrédite tout seul et son nom devient synonyme de manipulation des recherches, et de la suppression de la liberté de parole et de la pensée critique. »

« Le World Socialist Web Site ne reculera pas ou ne pliera pas dans ce combat. Nous sommes convaincus que notre lutte contre la censure gouvernementale et par les grandes entreprises continuera de gagner du soutien. »

(Article paru d’abord en anglais le 2 octobre 2017)